jeudi 11 décembre 2008

J'me demande

Là. Tout de suite. Maintenant. À la minute où je vous écris. Je me demande beaucoup de choses. Enfin beaucoup trop de choses pour une fille qui s'prépare à se coucher.

1) D'abord, j'me demande pourquoi quand j'allume la fan au-dessus de mon four, mon système de son fait des crises cardiaques spontanées. Alors qu'ils sont situés dans des pièces différentes... Et branchés sur des circuits différents... J'comprends rien à mon appartement. Alors j'me demande...

2) Ensuite, j'me demande si je manque parfois autant aux gens qui me manquent des fois. J'comprends rien au relation humaine. Alors j'me demande.

3) Puis, j'me demande pourquoi j'arrive jamais (mais vraiment jamais) à ce que ma chambre reste ordonnée plus de 24h en ligne. J'comprends rien à ce que je suis. Alors j'me demande... (et le cas s'applique ici également au comptoir de la cuisine)

4)Quatrièmement, j'me demande pourquoi ma porte en bois travaille tellement en hiver que je dois gosser après la poignée pendant 5-10-15 minutes avant de me résigner à passer par la porte d'en arrière. J'comprends rien aux portes. Alors j'me demande....

5) J'me demande pourquoi j'ai toujours pas rentré mon vélo en dedans pour l'hiver alors qu'il vient de tomber 15 cm de neige et que le verglas le soude à la clôture sur lequel il est accoté. J'comprends rien au vélo. Encore moins au clôture. Alors j'me demande...

6) Pis finalement, j'me demande pourquoi ce soir je suis seule dans mon lit alors que j'suis belle, intelligente, féroce, drôle (beurrez-en autant que vous voulez). J'comprends rien aux hommes. Alors j'me demande...

jeudi 27 novembre 2008

Un joyeux condensé

J'aimerais avoir quelque chose de drôle. Quelque chose de palpitant. Quelque chose d'intéressant. Quelque chose de magique. À dire. Mais je ne trouve. Tsé. Quelque chose d'original. Pour que le peu de lectorat que j'aie ne s'ennuie pas. Puisque j'ai la vague impression d'un peu toujours raconter les mêmes trucs. D'un peu beaucoup me répéter. D'être parfois pas très originale dans ma gamme d'émotion littéraire. Et apparemment, je ne le suis pas non plus dans le choix des mots puisque je viens de répéter deux fois le mot original en l'espace de deux phrases. Ce qui, on s'entend, n'est pas très original. Et je dis tout cela seulement pour déblatérer puisqu'en fait je n'arrive simplement pas à dormir... Et je me dis que peut-être en écrivant une série de phrases un peu plates et un peu insensées, je trouverai le sommeil. Mais pas t'encore, mes amis. Pas t'encore. J'ai encore le temps de vous raconter...

De vous raconter que cette semaine, je me suis sentie utile et appréciée. Ça vient peut-être du fait que j'ai décidé, pour une fois dans ma vie, de prendre un peu la place qui me revient et que j'ai affirmé à tous grâce à la magie de Facebook que j'étais une auteure jeunesse. Oui, oui, oui. Beaucoup n'en savait rien. Parce que je suis, certains diront, plutôt réservée, quelque peu timide, parfois introvertie... mais surtout, surtout, atteinte d'une grande maladie qui s'appelle le manque de confiance en soi. Et qui m'empêche de croire en mon talent... Ô , quelle terrible damnation ! Mais petit à petit, j'essaye de m'affirmer un peu. De ME faire comprendre que je préfère exister à travers mon rôle d'auteure plutôt qu'à travers n'importe quel autre rôle. Et qu'il faut bien le dire un peu si on veut que les autres le sachent... Le seul hic, c'est qu'on ne gagne pas sa croûte de pain, ni sa mie, ni son beurre, ni l'assiette du beurre avec ce rôle ! Ô, quelle terrible damnation (bis) ! Ô mon père ! Pourquoi m'avoir sculpté telle que je suis ! Ma vie aurait été tellement plus simple si vous me vouliasses médecin... M'enfin. Tout ça pour dire que veut, veut pas, avoir une quelconque reconnaissance des gens qui nous entourent c'est bien. Surtout quand ils vous font réaliser que c'est tout de même admirable d'avoir publié un livre (même deux). Alors que pour moi ça semble si facile et si commun...

Et puis cette semaine, je me suis aussi sentie utile. J'ai fait des photos de famille pour ma coloc d'antan... C'était assez intense puisque je n'ai point l'habitude de photographier les gens et que j'avais une p'tite angoisse qui me grugeait les trippes. Et malgré le fait que les photos auraient pu être encore-plus-que-parfaite. Et malgré le fait que je me suis scrappée l'épaule à force de tenir mon appareil à bout de bras. Moi, l'éternelle insatisfaite, j'ai quand même trouvé que j'avais réussi à prendre quelques clichés magiques. Et j'étais fière. Oui, oui, oui. Fière de moi. (Peut-être que bientôt, je vais avoir un ego plus gros que mon cul... Mais pour l'instant tout est sous contrôle. Je vous jure)

Et puis il y a eu les amis qui m'ont appelé pour me demander conseils. Et puis il y a eu les amis qui sont passés pour me dire qu'ils étaient toujours en vie. Et puis il y a eu les amis qui sont encore plus excités que moi à l'idée de faire un trip à New York dans quelques jours. Et puis il y a eu ma maman qui s'est battu avec moi avec tous les bonhommes-pas-fins du Canadian Tire. Et puis il y a eu les auteurs qui ont disjonctés avec moi dans le coin d'un kiosque. Et puis il y a eu les amis qui m'ont accompagné voir une pièce magistrale de 3h40 et qui ont mangé avec moi des sushis à 10h30 du soir en regardant du coin de l'oeil le beau Étienne Pilon et en bavant un peu sur le plancher du Théâtre d'aujourd'hui. Bref, cette semaine, je me suis sentie entourée. Et utile. Et aimer. Malgré mon célibat infini. Et ça m'a fait un bien plus qu'énorme. Comme un condensé d'amitié et d'admiration. De mots gentils et amoureux. Et j'aimerais que ça continue encore et encore. Parce que, sérieux... this feel goooooooood !

mardi 18 novembre 2008

La vie ! La maudite !

Pourquoi les décisions existent-elle ? J'ai une décision à prendre très bientôt qui va compléter influencer le reste de mon existence et le reste de ma vie (ou peut-être pas aussi). Et puis j'arrive pas à ne pas me poser de question. À juste me dire OK, j'fonce comme un bulldozer dans un champ de maïs plein de goélands. Non. J'arrive pas. J'pense aux roues de mon bulldozer, si elles sont bien gonflées. J'pense aux grains de maïs, s'ils sont prêts à être manger. J'pense aux goélands, est-ce que je vais en tuer, est-ce qu'ils vont vouloir se venger en me dévorant les yeux dans mon sommeil. Est-ce que, est-ce que, est-ce que ? Bon évidemment, vous aurez compris (enfin j'espère), qu'il s'agit ici d'une métaphore. Puisque déjà au départ, je ne possède pas de bulldozer, et encore moins d'un champ de maïs et comme je vis dans la merveilleuse ville de Montréal, les pigeons sont plus du genre à me côtoyer quotidiennement que les goélands. Néanmoins, mon questionnement reste similaire. Et je n'arrive toujours pas à prendre de décision. Même si ça tourne en rond dans ma tête depuis quelques jours. Même si je dis oui, des fois. Même si je dis non, parfois. Je réfléchis à tout cela et beaucoup trop. Au point que ça m'irrite et que je me demande comment je fais pour vivre avec moi même. Au point que ça m'irrite et que je comprends pourquoi je suis encore célibataire (qui oserait m'endurer dans ces moments d'éternels requestionnement existentiels). Et puis, j'ai beau demandé aux autres. J'arrive toujours pas à me faire une idée. Sacrée nom d'une araignée-en-chaleur ! Et puis je me dis que j'aimerais donc ça être comme mon amie Ju, qui est fonceuse et impulsive et qui agit. Elle, elle l'a l'affaire. Elle n'attend pas d'avoir une bible de remises en question et de doutes avant de passer à l'action. Et yien que pour ça je l'admire tout plein. Et je commence de plus en plus à donner raison à mon père qui disait (je ne sais pas si vous vous rappelez): c'est donc compliqué une fille. Évidemment que c'est compliqué une fille. Mais imaginez le scénario suivant : une fille qui essaye d'être femme tout en étant encore un tantinet naïve, un peu innocente et quelque peu (parfois) en manque de confiance en plus de ne pas encore être complètement accomplie parce qu'elle ne vit pas de sa folle passion et qui est une éternelle insatisfaite qui sourit à la vie souvent sauf les fois où la vie lui donne des claques et qu'alors elle déprime mais que ça lui arrive moins souvent qu'avant et qui aimerait conjuguer ses projets fous avec le travail tout en ne continuant pas vraiment à faire ce qu'elle fait mais en continuant à s'entourer de gens riches et intéressants dans sa vie quotidienne tout en se sentant valoriser et en respirant l'adrénaline de temps en temps jumeler au fait de continuer à prendre le temps de prendre son temps et de vouloir être un peu comme les autres mais en même temps pas trop. OK. Bon. Ben voilà. Maintenant vous me comprenez un peu mieux. Ou encore moins bien...

Et en attendant, j'hésite toujours... Que faire, que faire, que faire ? Ah ! La vie ! La maudite ! Elle nous en fait voir, elle nous en fait voir !

mercredi 12 novembre 2008

Le retour. Le radotage. Et la confusion.

Oulalala. Ça fait un sacré bail. Tellement un sacré bail que j'suis même pas sûre que j'sais vraiment encore quoi dire ni comment le dire. Mais là tout à coup à tournicailler dans mon lit parce que incapable dormir j'me suis dit que je pourrais revenir faire un tour sur ce sacré blogue que j'avions laissé de côté. Pis j'ai relu qq textes et j'ai remarqué qu'il y avait quand même (oui, oui, quand même) certaines redondances. D'ailleurs tant qu'à radoter, radotons. Je voulais vous dire qu'aujourd'hui mon vélo est kaput. Pas kaput-il-roulera-plus-jamais-et-il-est-foutu-mourru. Non. Pas ce genre de kaput-là. Il est kaput dans le genre-juste-assez-pour-plus-que-j'roule-avec-parce-que-c'est-trop-dangeureux. Il roule comme s'il était soûl-all-the-time. Et me donne donc des airs d'alcoolo du matin au soir. Faque vous vous doutez bien que j'ai été forcé d'appeler mon super réparateur de vélo. Et c'est bien rigolo parce que à chaque fois que le réparateur de vélo refait une apparition-spéciale-et-particulière, il y a toujours un événement-quelconque-mais-à-la-fois-confus qui arrive. La dernière fois j'avais recroisé mon ex. Et puis cette fois ben... M'enfin. J'pense que je m'aventure sur un terrain glissant. J'ose plus en dire trop. Parce que je sais plus trop qui me lit... M'enfin. J'ai encore eu un moment de douce confusion. Voilà tout ce que je peux en dire. Un moment de douce confusion et de douce incompréhension qui m'empêche de bien dormir. Puisque je suis du genre à me poser toujours des questions. Trop de questions. Tout le temps des questions. Et que c'est difficile de lâcher prise certaine chose ou certain gens. Sans vraiment comprendre pourquoi d'ailleurs... parce que j'essaye. J'essaye très, très fort. Mais ça ne marche pas. De passer à d'autres moutons. De jouer les indifférentes. De compenser par la bouffe, le chant, l'écriture. Il y a quand même de ses choses j'arrive pas à mettre de côté. Aller y comprendre quelque chose. Bon. Ça y est. Je me sens encore plus confuse que jamais. Et moi qui croyais que la réécriture de ce blogue allait me sauver. Me changer les idées. Me faire avancer. Et surtout. Surtout me donner le sommeil. Je constate que c'est pire que jamais. Je ne suis toujours pas déconfusionnée et je n'ai toujours pas baîllé. Bref, un échec lamentable pour ce jeudi minuit quarante neuf. Allez ! Je décroche quand même... Tiens j'vais aller me tirer au tarot... Question de voir si dans mon avenir, il n'y aurait quelques heures de dodo...

samedi 13 septembre 2008

Toé, t'es belle en maudit...

Ce que j'aime avant tout.
C'est l'expression : toé, t'es belle en maudit.
C'est pas juste, j'te trouve belle. Non. C'est j'te trouve belle en maudit. Le maudit ici, fait toute la différence.
Ça m'fait me sentir hot. Vraiment hot.
J'pense même que c'est le plus beau qualificatif qu'on peut pas donner. Parce qu'il sort des guts. Du fond. Pis qu'il est sincère comme ça se peut pas...
Pis cette semaine on me l'a dit le toé-t'es-belle-en-maudit.
Pis laissez-moi vous dire.
Ça fait du bien.
En maudit.

lundi 14 juillet 2008

4 personnes qui m'ont dit

Aujourd'hui, quelqu'un m'a dit d'arrêter.
Quelqu'un d'autre m'a dit que le travail c'était vraiment d'la merde.
Quelqu'un d'autre m'a dit que j'étais la plus importante.
Et enfin une quatrième personne m'a donné l'envie soudaine de me mettre toute nue et de danser sous la pluie (même s'il faisait soleil) en chantant un vieux rigodon québécois comme dans le temps où j'avais des idées un peu folles et ô combien charmantes... mais que je ne réalisais jamais...

Ils avaient tous raisons. Chacun à leur manière. Et à ces quatre personnes, je leur dis merci. Parce que c'est bien parfois d'avoir des gens qui réfléchissent à notre place... Des jours comme aujourd'hui...

dimanche 13 juillet 2008

Cette peur du ça-peut-recommencer

J'ai la vague impression de repasser par où j'ai déjà été ces temps-ci. De repasser par ces moments tout sauf agréable de la maladie. Celle qui à chaque fois me tue à petits feux. Me force à accepter que je suis un être faible et sans défense et qui me sera impossible à vie de pouvoir faire un safari dans la jungle africaine à bouffer des fesses de p'tits singes morts, parce que trop fragile. Et ces derniers temps, c'est encore ce sentiment-là qui prime. Ce sentiment que je déteste. Et tout à coup, sans même m'en apercevoir, je m'enfonce dans un univers que seul je connais. Et je m'ermite de plus en plus. Parce que pas envie d'être trop un fardeau pour les gens autour de moi. Parce que pas envie de leur faire voir ce moi que je n'aime pas. Et que je n'ai pas non plus envie d'aimer. J'aimerais mieux être forte, et belle, et en santé, et folle, et joyeuse, et tout ce tralala, tous les jours de ma vie. J'ai pas le goût de me vider le corps et de chier tout ce que j'ai en dedans jusqu'à plus finir. Jusqu'à peser 80 livres comme l'avant-dernière fois-il-y-a-longtemps. J'ai plus envie de vivre ces temps-là. Où la confiance tombe à moins 30 sous zéro. Où le corps est tellement fatigué que c'est votre papou qui doit vous traîner sur ses épaules pour monter les 14 marches de l'escalier. Où les jambes, grosses comme les racines d'un pommier ancestrales, parce que trop enflées n'arrivent plus à vous amener aux toilettes à temps et où vous défequer, comme un animal à terre dans le corridor, en pleurant de rage et de honte. Oh non ! Pas envie de revivre des moments comme ceux-là. Même si oui, je m'en suis sortie et je dois en être fière. Pas du tout envie de les faire revivre à quiconque m'aime, m'apprécie ou vit avec moi. Parce qu'ils sont déjà si horribles à raconter. Mais combien mille fois pires à vivre. Croyez-moi. Et ces temps-ci, j'ai le corps sous haute tension. Le corps qui m'envoie tous ces signaux du passé. Qui me nargue en me disant: gnagnagna... ça peut recommencer. Tannée de vivre avec cette peur du ça-peut-recommencer. Le stress du boulot et des changements de toutes sortes qui me rentrent à trois cent mille million à l'heure. Pu capable de dormir comme du monde. Pu capable de manger comme du monde. Pu capable d'avoir des réactions pondérées. Pu capable. Juste le goût soudain de me poser et de me reposer. De m'étendre dans un doux hamac à la campagne et d'y rester un mois sans bouger. D'enfin dire. Je suis la plus importante. Et d'exister plus fort que n'importe qui ou n'importe quoi. Et de faire fuck au reste du monde. Prendre soin de moi jusqu'à la dernière petite minute de mon existence. Pour justement enlever à tout jamais cette peur du ça-va-recommencer. Du moins, pas de la même manière. Et pas avec la même leçon à la toute fin...

samedi 21 juin 2008

...

Samedi soir pas trop tard
Et j'suis complètement claquée.
Peut-être à cause de ma game de badminton jouée hier.
Qui m'a rackée le corps.
Peut-être parce que j'ai la vieillesse qui rentre dedans.
Pis mes p'tits mal d'antan commencent à devenir des gros maux du présent
Parce que jamais pris le temps de m'en occuper.
J'ai mal dans le dos. Dans les jambes. Derrière les cuisses. À l'épaule gauche. Au foie. Derrière le cou.
Pis au coeur.

J'ai le coeur en remou
Pour pas grand chose
Pour les minis riens habituels
Faque j'écoute Richard Desjardins
Pis ça me cicatrise lentement
Parce que j'me dis
Qu'un jour
Oui, un jour
Il va y avoir quelqu'un qui va m'écrire des mots, des phrases, des refrains
Encore plus beaux que ceux de Richard
Qui vont me secouer de bord en bord
Qui vont me chavirer tout croche
Qui vont dire je t'aime sans le dire
J'ai hâte
J'ai hâte à ces mots-là
Parce qu'ils font du bon pis du bien
J'le sais parce que j'en ai écrit récemment
Des mots-sincérité
Des mots-francs
Des mots-vérité
Qui font du bien à raconter
Même quand ils ne sont pas réciproques...

Je dis que je ne peux rêver la nuit sans toi (Richard Desjardins)

jeudi 5 juin 2008

J'aime / J'aime pas du 6 juin 2008

J'aime pas
Les fourmis qui se promènent dans mon lit à minuit et demi et qui m'obligent à faire ronron dans le salon toute une nuit

J'aime
Recevoir sans les attendre les 20 exemplaires de mon nouveau livre. Et être fière. Et le crier sur les toits.

J'aime pas
Les casseroles collés qui traînassent dans mon évier parce que j'ai mis l'feu trop fort pis que j'ai tout fait cramer

J'aime
Savoir que j'ai pas encore fait mourir mes plantes d'été. Du moins pas en entier.

J'aime pas
Ne pas aimer au moins une chose dans une journée.

J'aime
Ou j'essaye
Le plus possible-souvent

lundi 2 juin 2008

Ces jambes que j'aime hair

J'ai les jambes qui ont fait la guerre. À chaque fois que je les regarde (c'est-à-dire souvent puisqu'elles sont attachées à mon corps qui est attaché à ma tête qui est attachée à mes yeux), bref, à chaque fois que je les regarde c'est une plaie. On dirait qu'un tank a avancé-reculé dessus pendant près de vingt ans pis qu'en même temps un obus explosait directement dessus. Sans blague. Il y a ma bedaine que des fois je m'obstine à ne pas regarder, mes trop nombreux grains de beauté qui font la fiesta dans ma face, mes poils superflus trouvés dans des endroits incongrus. Il y a tout cela. Mais tout cela ne me dérange pas. Ou presque pas. Enfin, j'ai appris à vivre avec. Et quand même assez bien. Sauf pour mes jambes.

Plus je les regarde, plus j'ai envie de ne plus vivre avec justement. Ça date de longtemps. Ça date de quand j'étais plus jeune et que j'me suis tapée des problèmes de santé, dont des problèmes de circulation. Dans les jambes. Et puis depuis ce temps, chaque petite blessure devient une cicatrice qui ne guérit. Chaque petit bleu reste marqué à vie. Si bien que ma peau se transforme lentement en tableau abstrait. Scarifiée à l'excès. Chaque petite marque a son histoire. Des fois, des histoires dont je me rappelle encore. D'autres que j'ai fini par oublier. Sur mon pied gauche, la tache qui ressemble à une île, je me la suis justement faite aux iles de la madeleine, après être tombé d'un rocher pour me retrouver directement dans le fond de l'océan. Le pied enflé pis pu capable de marcher pour des vacances un peu différentes de ce que j'avais imaginées. La marque à la mi-jambe date de la seule et unique fois où je me suis rasée les jambes, avec un rasoir à papa trop coupant qu'on ne m'avait jamais appris à utiliser. Je me rappelle du sang dans la douche qui coulait abondamment. De la douleur de la coupure. Et de la décision de prôner l'épilation cette journée-là. Celle en dessous du genou me vient aussi des îles (j'aurai rapporté peu de cadeau mais beaucoup d'histoires de ce voyage). Sur la jambe droite, c'est l'horreur, il y a les marques de la journée prise dans les framboisiers de grand-maman, les marques de la journées prise dans les griffes du chat, les marques de la journée prise dans un match de volley-ball sans fin. Et les autres marques oubliées. Mais là. Comme mille histoires spectaculaires que je pourrais racontées à mes petits-enfants. Tu vois, ma petite-fille, cette cicatrice-là, grand-maman l'a eu le jour, où, dans un safari photographique en Australie, elle a sauvé des jumeaux-siamois allemands des mains d'un koala sanguinaire. Des histoires sans sens comme ça. Justement pour donner un sens à ces jambes sans dessus dessous. Martelé par la vie. Qui ont l'air d'en avoir 75. Alors qu'elles n'en n'ont que 27. Ces jambes que j'aime haïr. Parce que à la fois je déteste ces cicatrices affreuses, mais j'aime chacune des histoires qui se cachent derrière. Parce que ce sont mes histoires. Mes jambes. Et pas celle d'une autre...

P.S. À tous ceux qui me verront cet été, prière de me regarder dans le creux des yeux et non pas dans le creux des genoux... Merci....

dimanche 1 juin 2008

Pareil à Sex-in-the-city. Pareil.

Hier, j'ai eu ma journée Sex-in-the-city-à-moi. Version un peu moins glamour. Version un peu moins chic. Mais presque pareil. Rejointe par Amé au Musée des beaux arts de Montréal pour se frayer un chemin à travers les milliers de personnes qui avaient eu la même idée de visiter l'expo Cuba (rappelez-moi sérieusement de ne plus aller au musée les jours de pluie de fin de semaine, c'est vraiment propice pour développer un syndrome aigu d'agoraphobie). Pendant qu'Amé bouffait un sandwich ÉNORME du Santropol pis que je lui picorais quelques morceaux de viande au vol, on a commencé à s'apitoyer sur nos sorts de célibataires. Sur les garçons qui sont jamais comme on veut qu'ils soient. Sur le printemps qui est pas encore arrivé avec la célèbre journée des j'montre-mes-jambes-avec-ma-mini-jupe-pendant-que-tu-bombes-le-torse-en-voyant-ma-poitrine-exquise. Tsé cette journée-là où les femmes sont fières et les hommes nous dévorent des yeux. Cette journée-là qu'on a pas encore eue. Pis on a parlé de la dure réalité de séduire. Sur le fait qu'il faut vraiment qu'on se trouve un homme parce que la trentaine arrive à grand pas. Pis que passé trente ans, on arrive dans une autre catégorie. On est plus dans la catégorie jeune pitoune jolie. On commence la phase Madame-en-devenir. On ne peut plus s'habiller dans la section Twik chez Simons. On passe à la section Contemporaine. Cette période fatidique où on se fait plus jamais appeller Mademoiselle. L'urgence de se trouver un mec qui va nous aimer pour ce qu'on est devient justement urgente. Le bon. Lui. Celui qui va rester. Le fidèle et l'aimable. Bref, on a parlé comme des personnages de téléséries. Comme des Sex-in-the-city en devenir. Avec la différence que la couleur de notre sacoche s'agençait pas à la couleur de nos souliers. Que les drinks qu'on a bu avaient pas des noms à coucher dehors. Et qu'on les a pas bu dans un bar au décor pseudo-zen-feng-shui-où-tu-sais-pas-si-t'es-en-train-de-t'asseoir-sur-une-oeuvre-où-sur-une-chaise. Mais j'vous jure pour le reste, ça ressemblait à un épisode réussi de l'émission. Une journée de fille. À errer par-ci, par-là. Et à revenir toujours à peu près au même sujet. Les hommes. Les mecs. Le célibat. L'amour. Le désir. L'envie. Enfin, tout ce tralalala. Avec qui j'ai de moins en moins de gens avec qui en parler. Parce que maintenant dans le vocabulaire quotidien des gens qui m'entourent, j'entends des mots que j'avais pas vraiment entendu avant. Bébé. Maison. Voiture. Appartement. Achat de divan. Vie commune. À 27 ans, il y a déjà une réalité qui me rattrape. Pis j'suis pas encore rentrée dans le bateau. J'observe ça sur le bord du quai en me demandant si j'vais embarquer bientôt, si j'veux embarquer bientôt mais surtout, surtout, avec qui j'vais y monter...

lundi 19 mai 2008

3 jours. 3 paragraphes.

Jeudi soir dernier, c’était soir de bonheur. Parce que après deux ans de silence, j’ai repris des cours de chant. Mon diaphragme hurlait de joie en dedans de moi. Mes pieds sautaient de folie. Ma tête euphorique. C’est fou comme chanter me fait du bien. Il y a tout mon corps qui se libère. Mon nouveau professeur, homosexuel à 200%, avec des chaussures pointues en peau de crocodile, ses sourcils aussi brossés que les poils du chien de mon voisin et une exubérance verbale incomparable, m’a incroyablement remonté le moral. J’ai une voix puissante capable de tout faire. Tu veux faire de l’opéra, tu peux. Tu veux chanter du jazz, tu peux. Tu veux chantonner des vieux airs français, tu peux. Tu veux tout faire, tu peux. Imaginez les possibilités. C’est en même temps génial et complètement déstabilisant. Parce que ça veut dire faire des choix. Pis pour moi, faire des choix c’est un vrai calvaire. Une abomination plus qu’abominable. Mais bon, pour l’instant, je ne me pose même pas la question. Parce que je chante. Et mon prof a la merveilleuse façon de m’apprendre en me faisant visualiser des images dans le genre :«Faque là, tu vas me faire le même son, mais fais-le comme si t’étendais du caramel sur une tranche de pain croustillante. Faque là, tu vas me faire le même son, mais comme si tu mangeais le meilleur morceau de chocolat au monde.» Ça paraît très con comme ça et plutôt quétaine, mais je pogne merveilleusement bien à cette drôle de manière d’enseigner et ma voix lentement prend sa place dans mon grand corps de 5 pieds 11. Elle prend sa place et sort comme une lionne muselée trop longtemps. Ça vibre et ça me réchauffe. Ça me donne l’envie soudaine de monter sur la table et de faire mon show. Ça me donne l’envie soudaine de tout laisser tomber et de devenir choriste pour Céline Dion. J’ai la voix puissante. Et de me le faire dire. Et de le sentir. Et de la faire sortir. Ça me rend forte comme jamais avant. Vraiment.

Samedi toute la journée, c’était jour de petites découvertes. Mon ami Phil m’a appelé pour partir en expédition avec sa fille et une copine à lui vers la destination de Oka. Entre autre, pour voir des perroquets en folie… Phil a souvent des idées comme ça, curieusement sortie de nulle part mais toujours assez intrigantes à explorer. Finalement, arrivés là-bas, on a constaté que perroquets en folie était fermé. On s’en fout. On se laisse aller. On se laisse guider. On s’est retrouvé à errer une bonne heure chez un antiquaire sympa. Avec une barbe longue jusqu’aux chevilles et des airs de vieux bum qui s’est assagit mais qui en a vu plus d’une dans sa vie. Pis une femme tout le contraire de lui, une grande blonde bien fringuée. À se demander ce que les deux font ensemble. M’enfin on a checké les vieilles bébelles, les vieux meubles en bois qu’on voudrait bien ramener chez soi, les barattes à beurre et les anciennes poupées en porcelaine écaillée digne des films d’horreur les plus réussis. Pis au fil des allées et au courant de la conversation, on s’est finalement rendu compte moi et l’antiquaire, qu’on avait le même nom de famille, des yeux verts de la même couleur et probablement bien loin dans l’histoire, un parent commun. Sûrement même. Après on a repris la route pour visiter la maison sur laquelle Phil travaille, fouiner les ventes de garage et s’acheter par-ci par-la des p’tits trucs à grignoter. On a fini la journée à bouffer des hamburgers sous la pluie chez le boss à Phil. Qui s’avère aussi être le fils de Gilles Vigneault. En plus d’être un monsieur vraiment sympa. Qui vit dans un p’tite bicoque charmante sur le bord du lac. Qui passe tout l’hiver au Costa Rica. Et qui possède dans son sous-sol un vrai trésor. Des dizaines d’instruments de musique. Ça donne envie d’être là au prochain jam. D’apprendre à jouer de la guitare. Pour pouvoir y participer. Ça me dit juste que j’aimerais bien pouvoir jouer du piano avec les dix doigts en même temps. Pis en chantant. Comme la tune qu’il nous a chanté pendant que Phil essayait de montrer à sa fille (de six ans) à jouer au billard. Sans succès. Mais elle a encore le temps… On a fini la journée à Montréal, à prendre un verre. Pour me rendre compte que putain que ça fait du bien de sortir de la ville, de sortir de chez soi. De découvrir d’autres gens. D’autre mode de vie. D’autre chose. Et de se laisser rêver ou inspirer. Et qu’on a pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour faire des merveilleuses petite découvertes.

Dimanche en fin d’après-midi, c’était dimanche d’échecs réussis. Ma sœur, ma mère, mon beau-frère et moi, tous réunit pour aller faire une surprise d’anniversaire à ma grand-mère. D’abord, il faut que je dise que ma grand-mère est femme extraordinaire qui vient d’avoir 92 ans. 92 ans, fuck. J’avais pas réaliser jusqu’à temps que ma mère me le dise. Dans ma tête à moi, ma grand-mère, elle était vieille. Pis je disais :«Ouais ma grand-mère est vieille. Elle a qq chose autour de 80…» La seule chose que je m’étais pas rendu compte c’est que ça fait justement à peu près dix ans que je la répète cette phrase-là… Donc, tout ça pour avoir la surprise que ma grand-mère fête cette année ces 92 ans. Encore bien solide sur ses petites jambes. À vivre dans la maison où elle a élevé sa famille et cuisiné bien des carrées au Rice Krispies pour les petits-enfants gourmands à Noël. Bref, c’est exactement dans cette maison qu’on arrivé, hier, pour fêter cette femme extra. Sauf qu’on s’est cogné le nez à la porte. Parce qu’elle n’y était pas. Avec la clé cachée, on est quand même rentré. Et on s’est posé bien des questions. Où était passé grand-maman ? On a fait des dizaines d’appels. À la recherche d’une grand-mère disparue. Pour finalement découvrir qu’elle était allée manger au resto avec ma tante… Surprise plutôt raté ! Mais bon, nous on avait quand même faim. On s’est retrouvé à cuisiné des darnes de saumons aneth-citron, du riz Uncle Ben (ou riz de grand-mère) pis des p’tits pois mange-tout. Pis on a bouffé le souper de fête de ma grand-mère sans ma grand-mère. Situation absurde, vous dites. Il y a des premières fois à tout… Finalement, elle est arrivée juste à temps pour le dessert. Pour souffler sur ses quelques bougies. En lui chantant joyeux anniversaire, j’ai senti un mini-motton au fond de la gorge. Parce qu’au fond j’étais en train de réaliser qu’il n’y en aurait pas cent autres gâteaux comme celui-là. Pas cent autres souper d’anniversaire comme celui-là. Le mini-motton de la petite-fille qui se rend compte que sa grand-mère a 92 ans et qu’il reste seulement quelques étés à cueillir les framboises dans son jardin, quelques printemps à ramasser des bouquets de muguets géants, quelques hivers à se vautrer dans les carrés au rice krispies… N’empêche qu’elle était contente d’avoir rater son souper d’anniversaire. C’était la première fois que ça lui arrivait… Après 92 ans. Comme quoi, les premières fois ne s’épuisent pas… Et que même à 92 ans, la vie nous réserve des surprises ratées ou des échecs réussis….

mercredi 14 mai 2008

En rentrant du boulot...

Aujourd'hui en rentrant du boulot, j'ai fait un arrêt à la pharmacie pour, entre autre chose, m'acheter d'la p'tite crème qui va m'empêcher d'être full laitte et toute ridée à quarante ans. Faque j'avais ma journée dans le corps, mon gros casque de vélo sur la tête, ma veste de sport tout ce qu'il y a de moins sexy... Pis là, en sortant, il y avait une charmante vieille dame assise sur une chaise. Pis quand elle m'a vue elle a juste dit: «Vous êtes donc jolie vous mademoizelle. Ça fait du bien à voir.» Pis ça venait vraiment du coeur. Je pense pas qu'elle était ni sous sédatif ni sous narcotique. Ça lui ai sortit de même, naturellement et complétement gratuitement. Pis j'vous jure que même si ça vient d'une vieille madame de 75 ans, ces mots-là ils font autant de bien que si une armée de Brad Pitt me les avait chantés en choeur. J'ai pas pu m'empêcher de sourire non-stop les dix minutes d'après. Ce qui fait que je devais être encore plus jolie que jolie...

Pis aujourd'hui, je repense à mon ex. En me disant que peut-être que j'aurais pas dû. Que peut-être j'ai réagi trop vite. Que peut-être que j'aurais dû y laisser dese chances. Que peut-être que j'suis vraiment conne. Que peut-être qu'il faudrait que je décroche. Que peut-être qu'il faudrait que je passe à autre chose. Que peut-être. Ou que peut-être pas. C'est l'printemps qui est là. Pis j'ai juste le goût de frencher. Les hormones au plafond. Pis la tête à me demander si les choix qu'on fait sont toujours vraiment les bons. Pis quand est-ce qu'on le sait... Qu'ils sont bons. Ou mauvais. Nos choix. Nos décisions. Nos chemins de vie. Vraiment, je sais pas quoi me répondre. Any idea ? Anybody ?

mercredi 7 mai 2008

Bizarre Absurde Zélé

Tard ce soir. Mais j'ai quand même le goût et l'envie d'écrire quelques mots. Bizarre. Absurde. Zelé. Voilà les mots que j'ai envie d'écrire. Bizarre parce que ce soir, pour la première fois après une absence de 10 jours, j'ai ressorti mon tube de mascara et mon crayon à yeux. Bizarre parce que pendant 5 jours, j'ai porté mes lunettes laittes pis que là, à soir, j'ai décidé de mettre mes verres de contact (négligeant les rougeurs de mon oeil gauche en me convainquant subtilement que ce doit être des allergies). Bizarre parce que c'est justement ce soir. Alors que je recommence à être potable, jolie et un peu moins tristounette que je croise à vélo... l'ex. Ouais. Voilà. Absurde. Parce que la dernière fois que j'ai rencontré mon réparateur de vélo (vous vous rappeler ?) et bien il m'avait prêté un truc. Qu'aujourd'hui j'ai mis dans ma sacoche en me disant: bah, j'vais passer à son atelier sur le chemin voir si il serait pas là pour lui remettre son truc. Absurde. Parce que justement sur le chemin j'ai croisé l'ex... Que j'ai décroisé pour me rendre à l'atelier du réparateur de vélo. Qui comme par magie était à son atelier. Bon... j'avais pas de vélo félé, donc notre relation à été abregée à un : salut-bonjour / (oeil interrogateur) / tu débarques comme ça sans prévenir / ouais ben j'passais dans le coin pis j'me suis dit que j'pouvais venir te reporter ton truc / ah ! cool ! merci c'est super / bon ben on se recroise un de ses quatre / ok c'est ça bye. Est-ce que j'vous ai déjà dit à quel point j'étais totalement nulle question séduction ? Et que l'approche de l'homme est toujours ardue (et souvent sans résultat) pour moi ? En voici, une preuve vivante... J'vous ai déjà raconté mon histoire de Cégep. Pendant tout le cégep j'ai trippé sur un gars qui étudiait au deuxième étage de la biblio. Pendant, les quatre sessions (quatre), on se dévorait du regard. Se soutenant l'un, l'autre de nos pupilles. Restant parfois des trois minutes à se fixer mutuellement. Ben, il s'est jamais rien passé. Pas un bonjour. Pas un effleurement des doigts. Rien. Parce que question charme et séduction, c'est ben ardu pour la naive jeunesse que je suis...

Pis zélé. J'allais presque l'oublier. Zélé parce que après avoir invité ma soeur Aux trois bouchons pour sa fête (où les serveurs sont des garçons très mignons qui suggèrent des vins de qualité avec un service merveeeeeilleux et une p'tite bouffe sympa). Bref, après ce souper-miam-miam et quelques verres de vin, j'ai roulé direction est. Qui n'est pas du tout la direction où j'habite. Zélé parce que j'ai roulé beaucoup longtemps sous la pluie pleuvante parce que j'avais comme envie de dire à un quelqu'un en particulier que je l'aimais. Que je le voyais comme l'homme de tous mes jours. Ceux de maintenant et de demain. Comme ça. Alors qu'il ne s'en doute pas. Qu'il s'en fout. Qu'il m'aime pas. Zélé surtout parce que évidemment , je l'ai pas fait. Les lumières étaient fermées. Mais je l'aurais probablement pas fait, même les lumières allumées. Zélé juste à l'idée d'avoir pensé à le faire.

Pis là je me couche la tête pleine de parcelles de garçons. Mon ex. Mon réparateur de vélo. Mon flirt cégépiens. Les trois serveurs des Aux trois bouchons. L'homme de tous mes jours qui ne sera jamais.

J'me couche la tête pleine de parcelles de garçons. Et le sourire aux lèvres. Bizarre. Absurde. Zélé.

mercredi 30 avril 2008

Ces semaines mono-émotionnelles

Cette semaine, c’est une semaine mono-émotionnelle. Des fois, il y a des journées mono-émotionnelles. Ou des heures mono-émotionnelles. Mais les semaines mono-émotionnelles, c’est vraiment les pires. Le genre de semaine où on se dit : «Fuck, ma vie es-tu plate à ce point là?». Le genre de semaine où on s’emmerde au bureau, on s’emmerde dans son bain, on s’emmerde dans son lit, on s’emmerde, point. Le genre de semaine où la démotivation est à l’honneur. Où on n’a pu le goût de faire ce qu’on fait. Mais où on n’a pas non plus envie de faire d’autre chose. Le genre de semaine où la platitude la seule et unique émotion à vivre 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. N’importe quoi devient vraiment trop forçant. Je me regarde dans le miroir et j’ai les sourcils bas. Le genre de semaine où j’ai pas sorti mon tube de mascara une seule fois. Parce que c’est le genre de semaine où j’me dis :«Fuck, à quoi bon, c’est sûrement pas dans mon sous-sol amianteux du boulot que j’vais rencontrer l’homme de ma vie…». En tout cas, ce genre de semaine-là. Où le seul soubresaut de soi-disant bonheur, c’est quand, durant la game des Canadiens que je regarde sur ma télé pas de câble (ce qui fait que je ne vois pas 10 joueurs sur la glace mais à peu près 40 à cause de mes oreilles de lapin inajustables), ben le seul soubresaut de bonheur c’est quand ils passent proche de compter un but. Pis finalement non. Juste pour me rappeler que j’suis vraiment dans une semaine mono-émotionnelle… Qui me donne juste le droit d’être plate pis de trouver ça plate…. Vivement que vendredi arrive ! Vraiment !

vendredi 25 avril 2008

6 constats du jour (pour ceux qui n'ont rien d'autres à lire)

Constat un : je ne serai jamais une artiste. sauf quand vient le temps de décorer avec orginalité mon gâteau aux bananes.
Constat deux : c'est bien de dire des choses biens. surtout aux gens qu'on trouve bien. et sans attendre, bien sûr, quoique ce soit en retour.
Constat trois : passer la moppe dans mon appart aide définitivement à mon bonheur quotidien. et à mon hygiène pédestre (?).
Constat quatre : ne pas passer une heure et demi dehors sur une terrasse un 26 avril 2008 à 21h00. à moins de vouloir attraper la grippe. et de vouloir qq jours de maladie la semaine suivante.
Constat cinq: voir une chorégraphie de danse assise dans un lit avec une dizaine d'inconnus à ses côtés dans une chambre obscure avec un gars en bobette qui se pitch dans le coin d'un mur derrière une télé qui joue la version française du film Herbie, la cocinelle est une expérience intéressante... et recommandable....
Constat six: même quand on sait pas trop quoi dire dans son blog, on finit toujours pas trouver...

jeudi 24 avril 2008

Aujourd'hui je suis fière de moi...

Aujourd'hui j'suis fière de moi. Aujourd'hui, j'suis fière de moi parce hier. Hier, je me suis enfin bottée les fesses pour aller à la piscine. Je ne suis pas sportive. Et encore moins quand il s'agit de jouer dans l'eau. Je suis plutôt du genre à mettre une bouée de sauvetage avant de traverser un pont en voiture. Ça vous donne une idée. Mais je ne sais pas pourquoi depuis une semaine j'me disais qu'une p'tite trempette me ferait sûrement du bien. Et donc, à chaque jour, je me suis acharnée à retourner sur le site web de la ville de montréal pour trouver les horaires. Mais surtout pour me trouver des bonnes excuses pour ne pas être disponibles dans ces eaux-là....

Mais hier j'étais à bout de prétexte. Et après avoir passé quelques coups de fils à quelques amis (3), j'ai dû me rendre à l'évidence que je menais une existence pathétique et que tout le monde avait quelque chose à faire sauf moi... Je suis donc allée à la piscine. Et ce fut la découverte du siècle. D'abord parce que j'ai découvert des muscles de bras dont je ne soupçonnais même pas l'existence...mais qui m'ont fait savoir assez rapidement leur présence. Ensuite, parce que après huit longeurs (entre lesquelles je prenais de courtes pauses de reprises de souffle), je me suis rendue compte que j'avais un cardio vraiment vraiment vraiment peu tenace et qu'il fallait remédier à la situation rapidement. Et finalement... parce que je n'ai pas eu peur. J'ai fait des longueurs gracieuses jusque dans les profondeurs de la piscine sans me ronger les ongles jusqu'au sang. Le tout sans bouée de sauvetage ou de nouilles spaghettis en styromousse pour me soutenir. Bref, j'étais fière de moi. Rackée comme un boeuf qui vient de passer dans le hachoir à viande. Mais mouillée et fière. Tel le petit canard dans un aquarium....

mardi 22 avril 2008

Histoire d'un début d'alcoolisme et d'un vélo capricieux et hommage aux gens qui nous font du bien (dont les réparateurs de vélo)...

Je commence à comprendre les origines de l'alcoolisme. La source profonde et exacte de tout bon alcoolique part d'une quelconque solitude nonchalante où on se dit tient j'ai personne avec qui jaser, j'ai déjà torché le comptoir de ma cuisine trois fois en moins de vingt minutes, j'ai pas le goût de me forcer à écouter des conneries plates à la télé, mais alors qu'est-ce que je pourrais faire ? Ben oui... Prendre un bon p'tit verre sur ma simili terrasse arrière en regardant la boule rose-rouge-orange se coucher à l'horizon. C'est comme ça qu'aujourd'hui, j'ai constaté que je commençais lentement à sombrer dans les abysses du verre rédempteur qui soulage le célibat récent. Mais ne vous en faites pas puisque moi-même je ne m'en fais pas... J'ai, intégré quelque part en moi, un baromètre de contrôle infailible qui fait que alcoolique et/ou fumeuse et/ou dépendante aux drogues et/ou dépendantes au sexe et/ou chocolafolle, je ne serai jamais complètement. Et heureusement d'ailleurs...

Alors aujourd'hui pour décompresser de ma journée mais surtout pour me remettre de mes émotions je me suis pris un bon grand verre de cidre... Puisque la chaîne de ce vélo que j'aime tant avait lâché et était resté VRAIMENT jamer pour la deuxième fois en moins de 24 heures et que donc j'avais dû revenir du boulot en marchant une bonne partie du trajet. Sacré vélo de mes deux. C'est une relation amour-haine/haine-amour entre lui et moi. Hier soir quand il m'avait joué la même comédie, je me suis dit qu'il avait dû être tout emoustillé de la victoire des Canadiens et que c'était un symptôme passager. Et donc arrivée à l'appart hier, avec l'aide de ma coloc sympa et de son chum ben fin, on s'est mis dans un ouvrage de décarcération de bike. Pis une fois les mains devenues aussi noires que mon trou de cul la nuit sous les couvertures, ben une fois ça, on a finalement réussi à le remettre en état. Jusqu'à aujourd'hui 17h45 où il m'a encore joué un vilain tour. Il n'en fallait pas plus pour que j'appelle le réparateur de vélo.

Aaaaaahhhhh ! Le réparateur de vélo. Ouiiiiiiii ! Le réparateur de vélo. C'est ça que ça me prend. Un réparateur de vélo. Tout le temps. Dans la vie de tous les jours. Un garçon qui s'occupe de mon vélo. Qui me dit: «Hum, t'as un problème, j'vais te le régler. Continue de vaquer à tes occupations pendant que j'te lubrifie cette belle chaîne-là.» Un réparateur de vélo. Qui me dit : «J'sais pas il est où ton problème mais m'a te trouver la solution, baby.» Aaaahhhh ! Un réparateur de vélo. Qui me dit: «Laisse poupée, j'vais le descendre pour toé, ton beau bike.» Et qui d'une seule main prends mon vélo comme s'il avait le poids d'un dix sous et le descend en même temps qu'un autre vélo, tout ça avec la facilité la plus décapante. Aaaaahhhh ! Un réparateur de vélo. Le fantasme. Le rêve. Un réparateur de vélo. Qui pourrait un peu m'prendre pis twister mes écrous pis me secouer de l'intérieur pis réajuster mon p'tit coeur. Bon... Faque oui... Mon réparateur de vélo, il est bien cute, pis ben fin, pis ben grand, pis ben beau, pis ben bon, pis ben d'agrément. Pis grâce à ses talents caché en moins d'un claquement de doigts il avait ce que tout bon réparateur de vélo fait, c'est à dire réparer mon vélo. C'est vous dire à quel point il est merveilleux. Pis quand j'suis revenue sur mon vélo ce soir, qui roulait à toute vitesse et comme un charme, j'me trouvais ben drôle. Parce que j'me voyais la semaine prochaine en train de désespérement vouloir me trouver un prétexte pour revoir le réparateur de vélo... Et être en train de péter des bouteilles en verre sur mon pneu arrière pour provoquer une crevaison du tonnerre, crisser à multiples reprises mon dérailleur dans le blender, couper par inadvertance avec une scie mécanique mes freins... Bref, me trouver des excuses. Mais je pense aussi que mon réparateur de vélo peut seulement rester mon réparateur de vélo. Celui qui répond à toutes mes demandes (enfin presque)... Sans trop me demander en retour... Et puis je peux l'ajouter à la longue liste de gens qui me font du bien : mon p'tit vendeur au vidéo, le marchand de chou-fleur, le viet du coin d'la rue, le boucher plein de bonnes idées. Oui, ces gens-là. Qui sont beaux. Qui sourient. Qui nous conseillent. Et qui nous font vraiment du bien. Sans que ce soit trop compliqué.

mardi 15 avril 2008

Étrangement

J'étais sûre que j'allais m'en sortir indemne. Des relations échouées. Ne rien en garder. Les effacer. Et recommencer en neuf. Même je constate, ce soir, que j'en reste marqué. À chaque fois un petit peu. À chaque fois le moi change et n'est plus tout à fait le même parce qu'impregné par les habitudes de l'autre. Même si l'autre n'y est plus. Par exemple, étrangement, moi fille bordélique-plus-que-pas-possible, je fais maintenant ma vaisselle au fur et à mesure. Normal me direz-vous. Tout être humain le moindrement intelligent agit de cette façon plus que sensée. Ben non, voyez-vous. Pas moi. Moi, avant, j'avais la fâcheuse habitude de laisser la vaisselle trainer. Souvent dans l'évier. Mais aussi sous la table de chevet. Dans la salle de bain. Sur le dessus de la télé. Je le fais de moins en moins. Je la ramasse. Et la lave. Au fur et à mesure. Je vous jure. Et à chaque fois que je pose le geste, je me pose cette question: mais où elle est passé la fille que je connaissais ? celle qui attendait que la crasse sèche assez pour qu'elle s'émiette et qu'un seul coup de balayeuse suffise pour que le tout redevienne net-propre-sec. Dans mes gestes et dans mes actes, parfois, je ne me reconnais plus. Je vois l'autre. Je vois l'autre dans ce qu'il était. Dans sa façon de faire les choses qui des fois me déboussolait. Et c'est à ce moment-là que je comprends. Que je comprends que malgré l'absence de l'autre. Malgré le fait qu'il n'y a plus de nous. Il y aura toujours encore un peu de lui en moi. Un peu de ce qu'il était. Et de ce que je suis devenue. Un peu différement, évidemment. Mais quand même tatouées dans le fin-fond de moi ces petites manies (et autres balivernes) qui ne m'appartiennent pas et qui sont désormais miennes. Étrangement.

lundi 14 avril 2008

Je ne suis plus amoureuse et je le suis...

Je ne suis plus amoureuse. J'ai laissé un homme. Mon homme. Pour des raisons qu'évidemment je n'ai pas envie de bloger. Je suis donc de retour avec M. Célibat depuis quelques jours (13 pour être exacts). Ce qui fait que:

1- Je devrais redevenir assidue de mon blog (et essayer d'y écrire plus qu'une fois par mois)

2- Je redeviens work-a-olic et je reste au bureau bien dépasser les heures normales (sans remords et parfois même avec joie)

3- Je dérange les copains-copines pour : aller voir la super pièce de théâtre branchouille, faire une partie de quille, partager le gâteau triple chocolat que j'ai cuisiné pour manger mes émotions (avant que la culpabilité de fille du j'vais-être-full-grosse-si-j'mange-toute-ça embarque)

4- J'ai beaucoup plus (trop) de temps à moi. Exemple ? Ce soir j'ai reprisé les trous dans mes pairs de bas (what the f...?). Chose évidemment jamais expérimenté auparavant. Mais ô combien satisfaisante et pro-environnemental. C'est pas parce que t'es troué que t'es plus bon à rien. C'est un peu la leçon à en tirer... Pis avant-hier j'ai reprisé les boutons manquants sur mon manteau d'hiver (bon, avec un peu de retard... mais comme ça à la première tempête de l'hiver prochain j'vais être en bouton-armé) et recousu camisole et t-shirt dans le besoin. Autre exemple ? Ce soir (aussi), j'ai fait de la compote de pomme maison, de la purée de carotte/patate, un potage au panais pis un tofu-riz-sauce-tomate. Quoi d'autre ? J'ai aussi déposé une demande pour exposer dans une maison de la culture, envoyer deux photos pour une expo à Québec, fait mon rapport de voyage de Bruxelles que je devais faire depuis des lustres, rangé mon tiroir à peinture et pinceau et autres matériaux divers, organisé un cartable avec séparateurs où chaque partie correspond à la catégorie suivante: compte visa, bordereau de dépôt de paye, compte de la banque montréal, factures autres. Sérieusement, faut vraiment être dans un état lamentable pour en arriver jusque là (et bien alors lamentable je suis... et je l'assume... enfin presque).Pis finalement ? J'ai recommencé à écrire. Un peu. Tranquillement. Et j'aime ça. Et j'm'aime. Pis j'ai recommencé à lire. À lire le blog de mon amie. Qui m'inspire toujours tout-le-temps pis que si elle elle avait pas de blog ben moi j'en aurais sûrement pas. Parce que j'suis une suiveuse (mais une suiveuse-curieuse-donc-plus-motivée). Pis j'essaye de prendre soin de mon chat, de mon comptoir de cuisine, de mes serviettes, de mon ordi, de moi... J'essaye de m'aimer à défaut d'être amoureuse d'un autre. C'est pas toujours facile. Il y a les p'tites montées de larmes spontanées. Celles qui disent j'vais finir comme une vieille torche de vieille fille. Il y a les lamentations aggressives. Celles qui disent t'es jamais contente de ce que t'as, maudite niaiseuse. Il y a les compliments amoureux. Ceux qui disent t'es belle, t'es bonne, t'es intelligente, t'es la meilleure. Il y a le constat de la fille de vingt-sept. Celui qui dit veux, veux pas, fille, quand t'es avec homme, t'es pas mal plus forte pis pas mal plus battante, faque stp, reste pas trop longtemps tu seule. Pis il y a le temps. Qui dit prends ton temps. Ça viendra. Calme-toi. Pis en attendant, il y aura toujours une paire de bas trouée qui ne demandera qu'à être reprisée...

5- Je suis un peu plus jalouse que d'habitude. Jalouse des amies qui vont habiter avec leur chum. Jalouse des couples qui se french dans la rue. Jalouse des femmes enceintes qui vont s'acheter des maisons. Jalouse de moi pas être rendue là. Pis jalouse parce que moi pas prête à tout ça.

6-Et puis...finalement... j'suis en train de tomber amoureuse de tout et n'importe quoi. Par exemple, la semaine dernière j'ai trouvé deux chaises dans la rue, deux jours différents à deux endroits différents. Et je les ai tout de suite aimées (parce que pour ceux qui le savait pas j'suis une amoureuse de chaises). Faque j'ai pas hésité deux secondes à les prendre sous mon aile (ou plutôt sous mes aisselles). Le problème c'est que j'commence à être rendue avec un peu trop de chaises (10) pour mon 4 1/2. Et qu'elles commencent à s'empiler dans le coin de ma chambre... Comme un mobile géant de bois partant du plancher au lieu du plafond. Pis en fin de semaine, j'suis tombée (ou plutôt retombée) amoureuse de mon vélo. Je l'ai fait arranger et il roule comme dans du beurre avec des ailes de goélands pour le propulser. Je l'adore. Mon peugeot-léger-bleu. J'me sens libre. Pis bien. J'le chevauche avec joie tous les matins. Et le soir, il m'attend patiemment quand je sors du bureau. Mon peaugeot-léger-bleu. J'en suis follement amoureuse...

Alors je ne suis plus amoureuse et je le suis un peu tout le temps. Parce que sinon, vraiment, elle serait là pourquoi la vie ?

mardi 12 février 2008

Mon grand-père, ce cubain qui n’en est pas un.

Dimanche soir, de retour d’un weed-end à la campagne fabuleux entre les bouteilles de vins bues entre amis, les expéditions de ski de fond qui font travailler fort-fort mon orgueil, les chasses aux cocinelles de chalet, les moments de douces détentes dans un spa, les succulentes bouffes collectives à vingt personnes autour d’une table qui ne peut qu’en contenir 10 et les moments à se poser des questions (encore!) sur mon moi-je-me. Donc ce dimanche en revenant de la campagne, j’ai appelé ma mamou pour prendre des nouvelles.

Ton grand-père. Cancer généralisé. En gros, voilà ce dont nous avons parlé. Je me doutais bien qu’un jour ça arriverait. Que ça se pouvait quand même pas que mes grands-parents soient éternels. Même si c’est beau d’y croire.

Oui, mon grand-père va mourir. Comme tous les grands-pères finissent par mourir. Et oui, je suis triste. Parce que j’ai pas envie de la mort. De la perte. De ça. Parce que cette mort-là me rapproche un peu plus de la mort de mes parents. Et de la mienne. Probablement. Ça sera le premier. Le premier être proche que je perdrai. À part les dizaines de chats écrasés (ou partis en voyage… ) devant chez nous, qui m’ont tout de même forgé le caractère. Mais pas au point d’être complètement endurcie. Oui, mon grand-père va mourir. Et j’espère que ça sera doux. Paisible. Et avec honneur. J’espère qu’au moment même de partir, il arrivera à se souvenir de ces sceaux de caramels mous cachés dans le garde-robe de la chambre où il me traînait en cachette. J’espère qu’il se souviendra de ces cartes postales avec des p’tits dessins qu’il m’envoyait des Etats-Unis, moi la Sarah qui ne savait pas lire et qui prenait plaisir à décoder ces minis-hiéroglyphes. J’espère que tout à coup, il aura ce flash de moi assise à côté de lui en train de manger mes Honeycomb au petit déjeuner. J’espère qu’il se souviendra un peu de sa vie. Du plaisir d’avoir été là. Et du plaisir de laisser derrière des souvenirs dans la tête d’une femme de 27 ans qui se prend encore-souvent pour une gamine. Surtout quand vient le temps de manger des caramels mous.

Étrangement, il y a deux semaines, je montrais une photo de mon grand-père à quelqu’un. Qui m’a dit qu’il ressemblait à un vieux cubain mon grand-père. Oui, il est fort mon grand-papa. Oui, il est costaud mon grand-papa. Oui, il est beau mon grand-papa. Non, ce n’est pas un cubain mon grand-papa… mais oui, il a le talent d’être beaucoup de choses. Et j’espère que de tout ça, il en a laissé quelques traces en moi…

mercredi 30 janvier 2008

J'pense que j'pense trop

Je me demande pourquoi souvent-des fois-tout le temps, j'suis pas capable de m'arrêter de penser. Vraiment. J'suis quoi comme sorte de machine. Pour pas avoir un bouton off en arrière des oreilles. Ou une plogue à déploguer. Je finis toujours-tout le temps par penser. C'est fatigant à la fin. Quand ça va bien. J'pense. J'pense que ça pourrait être pire. J'pense que ça pourrait aller mieux. J'pense que ça va bien pis que j'aimerais donc ça que ça dure. Quand ça va mal. J'pense. J'pense que ça pourrait aller plus mal. J'pense que ça déjà été mieux. J'pense aux p'tits africains qui meurent de faim pour me convaincre que finalement ça va pas si mal... J'finis toujours par avoir mille et une chose qui me traversent l'esprit. Par anticiper les millions de chose qui peuvent, qui pourraient, qui pourront arriver. Mais qui n'arriveront sûrement pas. J'pense aux possibilités infinies des actions à poser et à chacune de leurs conséquences. J'imagine les événements avant de les vivre vraiment. Et quand je les vis, je les vis pas avec autant de satisfaction parce que dans le fond c'est comme si je les vivais pour la deuxième fois. Vous voyez comment c'est complexe. Je pense à penser. Ou je pense à arrêter de penser. Tout ça dans la même fraction de seconde. É-P-U-I-S-A-N-T. Il me manque définitivement la capacité à vivre le moment présent. Sans penser à demain. Comment est-ce qu'on y arrive à ça ? Attendez, j'y pense pendant la nuit et je reviens là-dessus bientôt...

mardi 22 janvier 2008

Non mais vraiment !

Non mais vraiment. Qu'est-ce qui arrive aux gens ces temps-ci ? Parce ça fait la deuxième fois en deux semaines que je me fais appeller Monsieur. Allo ! Je porte du 36B, j'ai des cils long comme le fleuve St-Laurent et je m'enduis de parfum lys-rose-et-autres-senteur-de-filles tous les matins. Faque c'est quoi le problème ? Bon la première fois, j'peux comprendre, mon sac bloquait la vue du chauffeur d'autobus qui m'a gentiment dit sans vraiment quitter la route des yeux «Pourriez-vous vous tasser, Monsieur?». J'peux comprendre que j'avais un fucking gros manteau d'hiver sur le dos à travers lequel il était difficile de voir les charmes de ma plantureuse poitrine. En plus de porter une tuque poilue style sovétique qui camoufle les traits si féminins de mon visage. Bon. À la limite, j'peux comprendre. Mais quand même depuis ce temps-là, j'ai remisé la tuque au placard pour la remplacer par une autre plus subtile et délicate qui laisse dépasser les couettes rebelles de ma jolie chevelure. Sauf que aujourd'hui, même avec maa nouvelle tuque, le putain de vendeur de fruits et légumes m'a quand même dit:«Bonjour Monsieur!» Jusqu'à ce qu'il constate la flagrante erreur qu'il venait de commettre. Et donc à partir de ce moment-là, j'ai eu droit à des mademoiselles à la fin de toutes ces phrases. «Je m'excuse, mademoiselle» «Voulez-vous un sac mademoiselle?» «Est-ce que cette pomme est à vous mademoiselle?» «Ça fera 16,75$, mademoiselle». Le problème c'est que le mal était déjà fait. Un peu comme quand ta coloc mange ta dernière banane. Pis que t'arrives dans la cuisine avec une envie irrésistible de banane. Pis que là, il y a plus de banane. Elle aura beau s'excuser 10, 100, 1000 fois, la banane est plus là. Pis toi t'es triste. Ben c'est exactement ça que ça m'a fait ce soir. Ça m'a rendu triste. J'ai même versé deux micros larmes sur le coin du trottoir en rentrant chez nous. Parce que c'est ma féminité entière qu'on remet en doute dans ces moments-là, pis ça me trouble. Oui, j'suis faite grande et costaude et j'ai pas un air de pétale de rose. Mais merde, j'pensais quand même que je dégageais un p'tit quelque chose de féminin (surtout depuis que en plus je dépense des fortunes à me faire électrolyser les poils surperflus du visage....). Il faudrait peut-être plus rouge à lèvres et de fard à joues. Plus de vernis sur les ongles. Plus de manteau pas épais (et ô comment pas chaud) mais moulant sur le corps. Je sais pas trop ce qu'il faudrait. Des talons hauts. Ou un rire très aigu. Ou... ou il faudrait que l'été revienne. Pour que mon corps reprenne forme. Que j'enfile mes minis-jupes. Et un t-shirt made sur mesure pour moi : «Le prochain qui m'appelle Monsieur... je lui pète la geule!»

jeudi 17 janvier 2008

Wow ! Vous le pensiez pas, hein ?

Wow ! Vous le pensiez pas, hein ? Vous l'pensiez pas que j'allais retontir comme ça, sans crier garde et recommencer à écrire sur mon blog. Moi non plus, j'le pensais pas. Mais voilà, tel Rocky sur le ring, je suis de retour. De toute façon, je l'avais dit au départ. Persévérance ne fait pas partie de ma famille. Ni proche ni éloignée. Mais des fois, il s'agit juste d'un léger coup de pied au cul. Comme aujourd'hui. Aujourd'hui, j'ai reçu le courriel de quelqu'un que j'connais (mais en même pas temps pas tant que ça non plus) pis qui m'a littéralement dit (entre autre ça et d'autres choses): what the fuck ? t'écris plus sur ton blogue ! j'te lisais moi ! Voilà ! C'est ça que j'avais pas compris. J'avais pas compris que même s'il y a yien qu'une ou deux personnes qui te lisent, tu peux pas juste les laisser tomber comme ça. Comme des vieilles chaussettes puantes trouées et brûlées. Non, non, non. Parce que ces une ou deux personnes qui te lisent, elles ont des attentes pis elle s'attendent de temps à autre à te lire. Parce que c'est rassurant. Peut-être même plaisant. Je l'avais pas réalisé ça encore. Pis j'avais pas réalisé non plus que l'écriture fait partie de ma vie pis que j'ai pas le droit d'abandonner comme ça. Surtout pas si je veux devenir la plus grande meilleure écrivaine de livre jeunesse au monde. Mais j'avoue que ces temps-ci, c'est comme plus difficile. Je me fais des accroire de grands artistes dépressifs avec des trous noirs incessants au-dessus de ma tête. Le problème c'est que j'ai rien d'une grande artiste dépréssive. Et puis d'abord je bois pas d'absinthe. Je fume pas d'opium. Et je fais pas de tentative de suicide après chaque roman que je finis d'écrire. Trois éléments primordials pour être une grande artiste dépressive et surtout être prise au sérieux. Faque la conclusion, c'est que j'suis juste une grosse paresseuse. Mais bon une grosse paresseuse avec des bonnes excuses. Puisqu'elle a depuis peu quelqu'un avec qui partager son lit. Ce qui fait que la routine de l'ordi sur les genoux à écrire un blog avant de se coucher vient prendre légèrement le bord quelques soirs par semaine. Eh oui ! Le sacrifice qu'une artiste doit faire pour un peu d'amour, de caresses et de chaleur... Faque il va falloir que j'apprenne à trouver l'équilibre. Encore. Comme dans n'importe quoi tous les jours de la vie. Oui, tu peux manger la palette de chocolat à condition que t'ailles au dépanneur en courant. Oui, t'as chambre peu être un foutu bordel à condition que t'invites personne pour les trois prochains jours. Oui, tu peux dormir les fesses à l'air, à condition de mettre plus de chauffage. Toujours trouver l'équilibre. Oui, je peux travailler trente heures semaines, avoir des cours d'aéroboxe, prendre le temps d'embrasser mon homme, aller au cinéma, aller prendre un verre, écrire des voeux de bonnes années à tous les gens que je connais, faire des shooting photos bénévoles, prendre le temps de voir les copines, assister au shower de femmes enceintes, m'assurer que mon grand-père prend du mieux à l'hôpital, chercher les mots que je ne connais pas dans le dictionnaire, essayer de me faire des lunchs nutritifs, lire La vie devant soi, acheter des billets d'avion pour l'europe, préparer des ateliers d'animations littéraires, magasiner des cours de chants...et prendre le temps d'écrire. Oui. Je le peux. Mais il y aura toujours certains moments où l'on met en doute toutes ces choses que l'on peut faire... Et dernièrement, je l'avoue. J'ai mis en doute ma capacité de tenir un blog. Parce qu'il faut souvent-parfois faire des choix. Et que tout faire, c'est possible. Oui. Mais pas tout le temps.