dimanche 1 juin 2008

Pareil à Sex-in-the-city. Pareil.

Hier, j'ai eu ma journée Sex-in-the-city-à-moi. Version un peu moins glamour. Version un peu moins chic. Mais presque pareil. Rejointe par Amé au Musée des beaux arts de Montréal pour se frayer un chemin à travers les milliers de personnes qui avaient eu la même idée de visiter l'expo Cuba (rappelez-moi sérieusement de ne plus aller au musée les jours de pluie de fin de semaine, c'est vraiment propice pour développer un syndrome aigu d'agoraphobie). Pendant qu'Amé bouffait un sandwich ÉNORME du Santropol pis que je lui picorais quelques morceaux de viande au vol, on a commencé à s'apitoyer sur nos sorts de célibataires. Sur les garçons qui sont jamais comme on veut qu'ils soient. Sur le printemps qui est pas encore arrivé avec la célèbre journée des j'montre-mes-jambes-avec-ma-mini-jupe-pendant-que-tu-bombes-le-torse-en-voyant-ma-poitrine-exquise. Tsé cette journée-là où les femmes sont fières et les hommes nous dévorent des yeux. Cette journée-là qu'on a pas encore eue. Pis on a parlé de la dure réalité de séduire. Sur le fait qu'il faut vraiment qu'on se trouve un homme parce que la trentaine arrive à grand pas. Pis que passé trente ans, on arrive dans une autre catégorie. On est plus dans la catégorie jeune pitoune jolie. On commence la phase Madame-en-devenir. On ne peut plus s'habiller dans la section Twik chez Simons. On passe à la section Contemporaine. Cette période fatidique où on se fait plus jamais appeller Mademoiselle. L'urgence de se trouver un mec qui va nous aimer pour ce qu'on est devient justement urgente. Le bon. Lui. Celui qui va rester. Le fidèle et l'aimable. Bref, on a parlé comme des personnages de téléséries. Comme des Sex-in-the-city en devenir. Avec la différence que la couleur de notre sacoche s'agençait pas à la couleur de nos souliers. Que les drinks qu'on a bu avaient pas des noms à coucher dehors. Et qu'on les a pas bu dans un bar au décor pseudo-zen-feng-shui-où-tu-sais-pas-si-t'es-en-train-de-t'asseoir-sur-une-oeuvre-où-sur-une-chaise. Mais j'vous jure pour le reste, ça ressemblait à un épisode réussi de l'émission. Une journée de fille. À errer par-ci, par-là. Et à revenir toujours à peu près au même sujet. Les hommes. Les mecs. Le célibat. L'amour. Le désir. L'envie. Enfin, tout ce tralalala. Avec qui j'ai de moins en moins de gens avec qui en parler. Parce que maintenant dans le vocabulaire quotidien des gens qui m'entourent, j'entends des mots que j'avais pas vraiment entendu avant. Bébé. Maison. Voiture. Appartement. Achat de divan. Vie commune. À 27 ans, il y a déjà une réalité qui me rattrape. Pis j'suis pas encore rentrée dans le bateau. J'observe ça sur le bord du quai en me demandant si j'vais embarquer bientôt, si j'veux embarquer bientôt mais surtout, surtout, avec qui j'vais y monter...

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