dimanche 25 novembre 2007

Des fils par ci. Des fils par là.

En faisant mon ménage aujourd'hui, j'ai rempli un panier complet de fils. Abhérant, j'vous dis. Des fils partout. Celui pour brancher mon appareil photo sur l'ordi, celui pour le brancher sur la télé, celui pour brancher mon i-pod, celui pour brancher mes écouteurs, les deux fils pour ploguer mon imprimante, le fil pour donner du jus à mon ordi, le fil pour brancher le chargeur à batteries, le fil pour mon stéréo, le fil pour mon dvd à mon système de son, le fil pour mon dvd à ma télé, le fil pour mon téléphone, le fil de la rallonge pour promener le téléphone partout dans ma chambre, le fil pour mon séchoir à cheveux. Des fils partout. Partout. J'suis même en train me demander si j'ai pas plus de fils que d'amis. Ils parcourent ma chambre dans ses quatre coins. Des fils comme des couleuvres inanimées dans lesquelles je m'enfarge le matin quand je vais aux toilettes. Pis quand j'en perds un. C'est la crise. Le malaise. La recherche désespérée du fil manquant dont j'ai besoin là maintenant tout de suite. Parce que sinon ma vie est un enfer. Comme quand on perd la manette du lecteur DVD pis qu'on vient d'se louer le dernier film branchouille roumain de trois heures et quart. Sauf que sans manette. Pas de sous-titres. Pis sans sous-titres. Ça va mal en chien. On a surtout pas le goût de s'taper un film de trois heures et quart en roumain à n'y comprendre rien. Chercher la manette du lecteur DVD. Un enfer équivalent à celui de chercher un fil...

Et pourtant... Et pourtant quand je pars à la campagne pour un w-e. Des fils, j'en ai pas. Et pourtant... et pourtant quand je marche pour aller jusque chez le boucher. Des fils, j'en ai pas. Et pourtant... et pourtant quand je prends une semaine de vacances quelque part ailleurs qu'ici. Des fils, j'en ai pas. Et pourtant... Même sans fil j'arrive à me coudre des p'tits bonheurs. Mais je reviens tout de même toujours à eux... Comme s'ils m'accrochaient à une réalité, à un mode, à une vie. Des fils comme autant de preuve que mon existence a un sens et que je possède: un ordi, un i-pod, un appareil photo cheap, un appareil photo de pro, un lecteur DVD, un système de son, deux systèmes de son, deux haut-parleurs, une imprimante, un téléphone, deux téléphones, trois téléphones, un séchoir à cheveux, un batteur à oeuf, un machine expresso... Alouette ! Des fils pour me sentir bien entourée. Tout le temps. Tout le temps. Parfois un peu trop dépendante de ces machins sans vie... Oui, je l'avoue.

jeudi 22 novembre 2007

Jeudi 23h24

Jeudi 23h24.
J'arrive pas à dormir.
J'ai le sommeil embrouillé.
Et pourtant
Pas trop de choses en tête
Sauf que depuis 3 jours
J'me dis qu'il faut que je me couche plus tôt
Plus tôt que 1h15 comme hier
Plus tôt que 12h45 comme avant-hier
Plus tôt que 12h55 comme avant-avant-hier
Parce que les yeux rouges comme la mer
Parce que les cheveux ternes comme une figue désséchée
Parce que le corps flasque comme un escargot dans une soupe au tomate
Et pourtant
J'arrive pas à m'endormir

Faque j'ai du Nina Simone
Qui me bredouille des beaux airs dans les oreilles
Faque j'ai les courants d'air léger de l'hiver
Qui passent à travers les fentes de la fenêtre mal isolée jusqu'à mes épaules dénudées
Faque j'ai la tête
Qui me dit qu'il faut peut-être que j'en profite pour écrire
Faque j'ai le coeur
Qui me dit qu'il faut peut-être que j'en profite pour penser
Imaginer, désirer, aimer, vouloir, choisir
Vivre
Ces moments silencieux. Et doux. Et calmes.
Ces moments de douce fatigue où rien ne se fait
Mais où tout se dessinent...

mercredi 21 novembre 2007

Oui maman. J'aime la vie.

C'est très drôle. Je viens de recevoir un courriel de ma mère. Qui vient de lire mes blogues des derniers jours. Mais qui surtout me prie de ne pas mettre fin au mien. Avec mes multiples crises existentielles et mes moments passagers de révoltes intenses. Ben non, maman ! Fais-toi en pas, que j'lui réponds ! Je l'aime la vie ! J'les aime les p'tits coquelicots dans les champs. Pis les mangues au printemps. Je l'aime la première neige-folle qui me fait tournoyer dans la ruelle. Pis les soupes chaudes à l'oignon qui vous chauffrette l'intérieur. Je l'aime la vie moman ! Mais tsé. J'suis pessimiste de nature. Pis c'est l'automne. Pis c'est les hormones. Pis des fois, ça fait ben juste du bien de chialer, pis de crier pour rien. Faut ben que je montre que j'suis une québécoise. Une vraie ! Bon comme ce matin. Ce matin, j'ai eu un réveil assez merdique (littéralement). Parce que c'est avec beaucoup de ferveur et d'entrain que ce matin ma toilette a non seulement décidé de boucher mais (ô que de surprises) également de déborder. Partout. Ma minuscule salle de bain transformée en aquarium. Avec comme bizarres de poissons, papier cul et excréments se laissant joyeusement dériver à gauche et à droite. Pis moi, myope comme une taupe, en bobette pis en camisole, pas pantoute réveillée, en train de syphoner le bol pis de passer la moppe tout en criant St-Simonac-de-tabarnac-de-bordel-de-marde veux-tu ben m'dire quessé que j'ai faite au bon dieu pour mériter ça ? Pis entre les 100 coups de moppe et d'essorage, laissez-moi vous dire que j'ai eu le temps d'y réfléchir. La porte que j'ai pas retenu au concierge ? Mon amende que j'ai pas payé à la bibliothèque ? La monnaie que je donne jamais à plus démunis que moi en face du Jean-Coutu ? Le fond de bouteille de vin que j'ai volé à ma coloc ? Ou peut-être pas. C'est peut-être juste la vie qui m'dit : oublie ma fille que tu pourrais être dans marde comme ça toute les jours de ta vie, pis que là, tu l'es pendant yien 10 minutes, faque torche pis une fois que t'auras torché farme ta geule pis profites. J'pense qu'elle a ben raison la vie en me disant des affaires de même. Quoique svp, quand même pas trop souvent le mercredi matin à 7h30, ok ? Pis oui, maman. Même dans des moments comme ça, je l'aime la vie !


Les p'tits plaisirs du mercredi
Écouté: Comme tous les jours depuis une semaine la tune A cause des garcons de Yelle. Chanteuse française qui chante sur des beats un peu poche rappellant les années 80. C'est quétaine. Et ça vous fait danser dans votre salon. Et moi, j'trouve que c'est décidément une combinaison pour rendre heureux oreilles et pieds.
Allé voir: L'exposition de Viz Munik au Musée d'art contemporain. C'est G-E-N-I-A-L. Un artiste qui reproduit des images de toutes sortes, parfois des portraits ou des images connues de tous, mais dans différentes matières, sucre, chocolat, p'tites figurines en plastique, cendre, etc. Et qui ensuite les prend en photo. Ça donne vraiment des résultats chouettes à regarder mais aussi il y a la curiosité de savoir le comment. Et c'est la première fois dans une expo que me tape la lecture de toutes les p'tites cartes explicatives de la démarche. Et c'est aussi la première fois que j'me dis qu'une démarche peu aussi être quelque chose d'intéressant... (est-ce que je viens vraiment de dire ça... moi qui hais encore plus les démarches que foie de veau...)
Dansé: Dans une ruelle en rentrant chez nous sous les premiers flocons sur les airs de mon nouveau i-pod qui fonctionne enfin. J'suis amoureuse des premières neiges... C'est après que ça se corse...

mardi 20 novembre 2007

Révolte spontanée

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrgggggggggggggggggggggggghhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!

Osti que des fois j'trouve ça dur de dire les choses.
Pourquoi les humains ne sont-ils pas tous des dactylos sur lesquelles je pourrais écrire.
Ça serait tellement plus simple.
Tellement plus simple.

lundi 19 novembre 2007

Ce foutu bordel qui est le mien

C'est le bordel. Chez nous. C'est un foutu bordel. J'ai beau faire du ménage. Souvent. Ça finit toujours par être un foutu bordel. J'ai beau passé l'aspirateur. Quand même plus qu'une fois par mois. Reste qu'il y a toujours des boules de poils de chats qui s'excitent dans tous les recoins de l'appart. Et encore, le chat passe le 3/4 de son temps chez la chienne de voisine qui le garde en otage contre quelques ronrons avec tous les autres chats du quartier. J'ai beau débarassé le comptoir. La vaisselle valse allégrement dessus 3/4 de secondes plus tard. J'ai beau torché le plancher. Quand j'me couche le soir, mes pieds sont pareils à ceux d'un jeune africain perdu nu pied dans la savane. Vraiment, j'vous le jure un foutu bordel. Vous avez peur des tsunamis ? Vous avez peur des ouragans ? Vous avez peur des tremblements de terre ? Bah ! C'est rien ça ! Comparé à la tornade Shrougoulou. J'vous jure, je suis une catastrophe à moi toute seule. Et j'ai beau me forcer. Rien à faire. Ça finit toujours par finir d'être un foutu bordel.

Pis là, ce soir, c'est le grand dilemme. Parce que dans ce foutu bordel que je fais semblant de ne pas voir, j'suis quand tombée, en cherchant quelque chose d'autre, évidemment... j'suis quand même tombée sur un vieux plat à lunch. Tsé là. Les vieux plats à lunch avec encore un p'tit fond de quelque chose, devenu non-identifiable. Tsé là. Le vieux plat à lunch avec la moississure qui fait le party en tout sens tout côté. Tsé là. Le vieux plat à lunch qui bouge tout seul en dessous du lit. Ouais, ce fameux plat à lunch-là. Et là, mon sérieux dilemme est le suivant. J'essaye d'avoir des valeurs. Pis entre autre de respecter la nature et l'environnement. Je recycle tout ce qui est recyclable. Et j'essaye de porter mes chandails jusqu'à ce que les trous soient aussi gros que mon derrière un soir d'hiver dans une sute de ski après les fêtes. Enfin, ce genre d'idéaux-là. Mais là, j'suis en crise. Est-ce que j'ai vraiment le coeur, le courage, la volonté d'ouvrir ce plat à lunch, tsé là, ce plat à lunch ? De l'ouvrir avec l'odeur nauséabonde de putrifaction qui vous monte au nez. De l'ouvrir et de le nettoyer jour après jour pendant trois semaines pour essayer de décaper la moississure incrustrée. De l'ouvrir, de le nettoyer et de le désinfecter avec des cures intenses de vinaigre pour éliminer toutes vies en progression. Tout ça pour ne pas être une gaspilleuse-pollueuse-sans-âme-ni-conscience ? Mais en même temps, j'me dis si je l'ouvre, on peut aussi considérer que la quantité de CO 2 et autres gaz nocifs qu'il contient pourrait être vraiment, vraiment dangeureux pour la couche d'ozone et peut-être même entrainer la mort par asphyxie de : mon voisin homosexuel et son p'tit chien laitte barbu, mes propriétaires portugais, ma coloc célébrité en devenir, la gentille petite dame de la buanderie, Nicolas qui vend des fruits pas chers, et moi-la-tornade-Shrougoulou-si-embêtante-mais-à-la-fois-si-charmante... Voilà ce qui ce soir me tracasse. Puisqu'aucune solution ne semble vraiment la bonne... Et encore une fois, ce soir, mes idéaux se retrouvent à l'eau. Et que si je n'étais pas un monstre. Ce ne serait pas chez nous un foutu bordel. Qui me pousse à prolonger mes soirées chez les copines le plus longtemps possible. Juste pour pas avoir à tout torcher. Pour mieux bordelliser après. Juste pour laisser traîner une journée de plus ce fameux plat à lunch sur le comptoir. Parce que pas le coeur de le jeter...

dimanche 18 novembre 2007

Compliqué ?

Parfois, j'trouve que tout est compliqué. Compliqué un peu pour rien. Par exemple, hier j'étais tellement excitée. Mes parents m'avaient enfin donné mon cadeau d'anniversaire (avec quelques trois mois de retard... mais bon l'important c'est de l'avoir !). Un super i-pod de l'année nouvelle version full hot. Pis là à matin l'objectif c'était de le remplir le plus possible de toutes les tunes imaginables et d'aller me promener sous le soleil frisquet de Montréal. Les oreilles qui bougent au son de la musique endiablée. Sauf que... sauf que j'ai breté pendant une heure pour essayer de comprendre pourquoi est-ce que la putain de musique voulait pas se télécharger sur mon nouveau petit ami. Jusqu'à ce que je me rende compte que j'avais pas la bonne version Mac Os je-sais-plus-quel-numéro sur mon ordi pis que mon nouveau petit ami était capricieux et qu'il ne fonctionnait qu'avec la dernière version huppé et branchouille de Mac Os. Faque j'obstine depuis ce matin à télécharger des versions qui ne sont pas les bonnes pis à toujours pas être capable d'utiliser mon c... de i-pod. Pis j'suis en train de me dire que finalement ça doit être agréable de traire des vaches ben loin dans un champ à l'abri de toute cette technologie qui finit par nous embrouiller l'esprit. Faque j'ai toujours pas réussi à rien mettre sur mon i-pod. Mais il est bien beau sur le coin de ma chaise de chevet et capte les rayons de soleil merveilleusement bien.

Faque, j'trouve que tout est compliqué. Ou jamais simple. C'est comme quand j'fais un envoi au bureau. On pense que c'est rapide et pas long, mais ça finit quand même par bouffer du temps sans bon sang: trouver l'enveloppe, s'assurer trois fois que tout est dedans, écrire l'adresse, chercher le code postal sur le web, trouver les étiquettes pour l'adresse de retour, se rendre compte qu'il y en a plus, se battre une demie-heure avec l'imprimante couleur qui veut rien savoir, finalement gagner et avoir les étiquettes pour l'adresse de retour, remplir la feuille d'expédition, lècher l'enveloppe, aller la porter dans le bac. C'est complètement cinglé parce que tout ça a l'air une facilité enfantine. Et ce l'est. Jusqu'à ce qu'il y ait un petit détail frustant qui jaillise et qui vienne tout compliqué. Et parfois toutes ces complications me contrarient. Oui, je l'avoue.

Un peu comme les relations humaines. On pense qu'elles sont simples et agréables... Mais finalement, il y a toujours un moment où on se dit: peut-être que je suis de trop, oups il aurait pas fallu que j'dise ça, est-ce que je devrais vraiment tout lui raconter, j'y dis-tu ou j'y dis-tu pas... Enfin, tout ça. Les relations humaines. Un pas en avant, trois en arrière, un sur le côté, un p'tit moment de stagnation, puis la course effrenée. Une valse étrange sur laquelle on ne sait jamais trop sur quel pied danser. Pis j'sais pas si j'vais me retrouver cul par dessus tête ou coudes en-dessous des genoux.

J'ai hâte au moment sacré où je vais enfin dire: ah ! tout est si simple... et si bien.

lundi 12 novembre 2007

J'manque de

Je reprends vie. Lentement mais sûrement. La boîte de kleenex est pratiquement vide. La bouteille d'échinacée se laisse consumer à plusieurs reprises dans la journée. Et j'ai recommencé à mettre mes verres de contact sur une base régulière. C'est bon signe. Mais bon, en même temps, je ne me sens pas tout à fait bien non plus. Ces temps-ci, j'ai comme un vide de je-me-sens-pas-pleine-et-pas-stimulé-et-je-me-sens-moche-et-pas-intéressante-et-pourquoi-donc-j'existes. Enfin, ce genre de sensation sans fin qui finit par nous faire sentir comme une nunuche-pathétique alors que fuck, j'ai un toit sur la tête (arrête de te plaindre comme une grosse vache), j'ai d'la bouffe dans mon frigo (arrête de te plaindre comme une grosse vache), j'ai d'l'argent dans mon compte (arrête de te plaindre comme une grosse vache), j'ai pas de souci au travail (arrête de te plaindre comme une grosse vache), j'ai tout ce que je veux quand je veux... ou presque (arrête de te plaindre comme une grosse vache). Mais bon. J'ai beau me dire arrête de te plaindre comme une grosse vache. J'le fais quand même. En fait, j'pense que là-là-présentement (préparez-vous ça s'en vient), il manque un p'tit peu tantinet d'amour. Ben oui. J'pensais jamais que j'allais le dire sur mon blogue. Que mon blogue allait devenir pareil à celui de miss lectrice de Elle-Québec ou de mamzelle une telle adepte de sex in the city. J'pensais pas que moi aussi j'allais être comme toutes les autres... Mais fuck. J'suis dans la mi-vingtaine, j'suis célibataire, pis j'suis en manque d'amour. Pis j'viens de le réaliser après une nuit de grippe à être tu-seule dans mon lit. Pis à me lever une première fois pour mettre du chauffage. Pis à me lever une deuxième fois pour mettre des gros bas de laine. Pis à me lever une troisième pour enfiler un chandail à manche longue. Pis à me lever une quatrième fois pour aller chercher la douillette de secours dans le fond du garde-robe. Pis à me lever une cinquième fois pour aller dormir dans le salon tout chaud. Alors que... alors que si, cette nuit-là, j'avais eu quelqu'un m'aimait. J'aurais probablement juste eu à dire: j'ai froid. Sans me lever. Juste à me coller. Ça manque. Ça pis plein d'autres choses. Plein d'autres choses de déprimes automnales chroniques qui reviennent à chaque année. J'manque de projet. J'manque de passion. J'manque de sexe. J'manque de création. J'manque de stimulation. J'manque d'ami. J'manque de famille. J'manque de positivisme. J'manque d'espoir. J'manque de confiance en moi. J'manque de volonté. J'manque de persévérance. J'manque de toutte. C'est comme ça que ça se passe dans ma tête. Quand il commence à me manquer une affaire. C'est comme s'il commençait à me manquer toute. La seule chose qu'y manque pas en ce 12 novembre 2007, c'est de poils sur les jambes. Mais bon... La seule chose qui est chouette dans tout ça, c'est que je sais que c'est une phase. Que c'est l'automne. Que c'est la vie. Que c'est moi. Et que bientôt le soleil rebrillera sur la petite archipel Shrogoulou... mais qu'en attendant... je manque de tout.... Un point c'est tout.

jeudi 8 novembre 2007

Une mocheté à lunette

Une mocheté à lunette. C'est ça que j'suis dans les derniers jours. Une mocheté à lunette. Et qui commence en plus à être drôlement morveuse. À répandre ses saletés de microbes un peu partout dans mon 4 et demie à force d'énorme-atchoumage qui intidimerait n'importe quel éléphant. La décontamination de la maison sera longue et pénible. Je vois déjà des bouts de kleenex infestés traînant sur le plancher. Des tasses de tisane à moitié bues gisent sur des coins de meubles, des dessous de sofas, des dedans de lits. Des gouttes d'échinacée séchées abiment le comptoir de ma cuisine. Et mon pyjama devra probablement être brûlé vif pour éviter l'épidémie apocalyptique. Rien de moins. Mais avant tout je tiens à dire que je suis une mocheté à lunette. Parce que depuis deux jours que par paresse, ennui, maladie, fatigue, je n'ai point mis dans mes yeux cette invention fabuleuse qui s'appelle verre de contact (et qui vous permet de vous faire votre premier petit ami au secondaire après des années de véritable calvaire... alélouia ! ). Mais bon ne revenons pas sur un passé peu passionnant. Concentrons-nous sur le présent. Sur moi. Avec des lunettes, j'suis laitte. C'est pas compliqué.

J'suis yien que ben laitte. Pourtant, j'en connais des gens qui portent des lunettes et qui sont très beaux. Des fois même ça leur donne plus de style. Pas moi. Moi avec des lunettes j'suis aussi moche qu'un mini-chien-laitte-blanc-plein-de-poils avec un mini-imperméable-jaune pis des p'tites bottes assorties. J'suis aussi moche qu'un lit pas de drap, qu'un poulet pas de plumes, qu'un char pas de pneu. Pourtant, j'aimerais donc ça quand j'ai mes lunettes d'avoir l'air de la petite auteur intello qui réfléchit à son prochain best-seller. Du philosophe renommé qui va dire quelque chose de brillamment intelligent. De la jeune secrétaire talentueuse et sensuelle qui a d'la classe et qui sous sa jupe grise cache un porte-jartelle en dentelle. Mais non. Moi avec des lunettes, j'ai juste l'air ordinaire. Pas extraordinaire comme quand j'en ai pas. Ordinaire pis plate. Pis en plus ça enlève drastiquement de la puissance à mon regard félin-féroce. C'est comme un mur entre moi et le reste du monde. Les lunettes de la répression mes amis. J'vous le jure. Elle m'enlève toute liberté de m'élever plus haut. Sauf que les jours de grande maladie comme aujourd'hui, le confort l'emporte sur l'ambition. Et mes lunettes me rabaissent à l'état zéro. Où il fait quand même bon de rester. Endorlotée dans une doudou chaude, avec sur le dos un vieux chandail troué, les seins qui pendent allégrement dessous, vêtue de bobette en coton usé, avec en face de moi la télé qui joue Ratatouille pour quand même faire semblant de faire quelque chose, les casseroles de soupe poulet et riz qui s'accumulent dans le fond de l'évier, une boite de kleenex à mes côtés comme amant idéal pour caresser le bout de mon nez. Ouais, le confort d'être malade. De se donner le droit d'être moche. Avec nos pupilles dilatées de fatigue. Nos lèvres séchées. Nos boutons de fièvre. Notre peau terne. Nos doigts fragiles. Notre nez irrité. Et pouvoir, sans remord, dire que cet état de mocheté actuel est, juste et seulement, d'la faute d'un seul et unique individu... Une innocente paire de lunette.

mercredi 7 novembre 2007

Admirables. Un point c'est tout.

Y a des personnes comme ça qui sont juste admirables. Extraordinaires. Des personnes à qui on parle. Toujours de bonne humeur. Mais pas une bonne humeur artificielle comme la p'tite madame à l'entrée du Canadian Tire qui essaye de vous vendre les mérites de la carte mastercard. Non, une bonne humeur humaine. Et contagieuse. J'les admire ces personnes-là. J'aimerais ça les avoir dans ma vie plus souvent. Tout le temps. Tsé le genre de personne qui te pousse, sans même le savoir, à vouloir être une meilleure personne. Pour pouvoir être sur le même étage de nuage une fois rendu en haut. Tsé le genre de personne que tu te dis que personne peut détester. Moi, j'trouve ça admirable. J'ai pas d'autres mots pour le dire. Moi, j'trouve ça admirable pis ça m'inspire à vouloir être un peu pareille. Un peu mieux (même si j'suis déjà pas mal). Un peu plus.

Pis c'est aussi le genre de personne qui, j'suis sûre, aujourd'hui serait venue me porter une soupe tonkinoise pour me décongestionner le nez... Parce que moi malade comme un chiot. Et demain, deviendrai sûrement malade comme un chien. Ce qui explique la courtesse de mon monologue et l'absence de mes mots, plus ardus à exprimer dû au cerveau qui déconne de fatigue...

dimanche 4 novembre 2007

Le thème des derniers jours...

Y a comme un thème récurrent qui revient dans ma vie ces derniers temps. Et non, j'parle pas ici d'écureuil ou de boulettes de ragoût (que j'ai toujours pas fini par finir de manger). Non. J'parle de la peur. Mon père dirait :«Des niaiseries de filles...». Mais moi, l'autre fois, en marchant sur la track de chemin de fer dans un noir encore plus noir que l'cul d'un ours un soir pas de lune comme dirait Desjardins, habillée pas mal pitoune à traverser un terrain vague qui pourrait être rempli de voleurs aux cheveux hirsutes, de violeurs à la dégaine rapide, de lapins géants cannibales terminant un jeûne de trois mois. Moi, à ce moment-là, j'ai réalisé que j'avais pas peur. Parce que ça m'avait pas été transmis. Peut-être. Mais dans un lieu où tout pourrait porter à avoir peur, moi, j'me sentais aussi épanouie qu'une abeille dans un champ de trèfle.

Et j'commence à penser (ouais, ça m'arrive, malgré les apparences) que la peur attire un peu le malheur. Plus j'ai eu peur de la maladie quand j'étais malade, plus j'avais de la misère à survivre. Plus j'ai eu peur de traverser un pont, plus j'ai paniqué une fois dessus. Plus j'ai eu peur de prendre l'avion, plus le voyage a été long.

Tout ça pour conclure que j'ai probablement des milliers de gènes de chicken. Ou de mauviette. Ou des deux. Mon père dirait:«C'est parce que t'es une fille». Peut-être. Mais bon, mettons qu'on prend en fin de semaine. En fin de semaine, ça été le 649 des peurs.

Peur parce qu'il fallait que je monte sur le toit d'une cabane en construction pour poser la membrane. Avec moi et mes gros pieds sur des trucs en bois pas très larges et très étroits. À tenir un peu moitié-moitié dans le vide et dans le putain d'inconfort de surtout pas vouloir déraper et de prier un tantinet pour que mon lacet droit qui se détache tout le temps reste ben attaché. Il y a eu cette peur-là. Et puis la gloire de la réussite d'y arriver et d'être fière mais de quand même dire au gars: «Ouains, ben tsé, en tout cas, la prochaine fois... peut-être que j'vais passer mon tour, tsé genre...»

Puis il y a eu la peur de pas arriver à garder 3 gamins pendant une journée. La peur de pas avoir l'instinct maternel dans le sang. Pis non, je l'ai pas le fucking instinct maternel dans le sang. Pis non c'est pas naturel chez moi de agouzi-agouzo-agouza comme il est miiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiignon. N'empêche que dans les feuilles avec eux j'ai quand même sauté. N'empêche que dans le salon avec eux j'ai quand même dansé. N'empêche que malgré que je leur ai dit : tes bas, tes bottes, ton manteau, on y va, on accélère, plus vite, arrête d'y tirer les cheveux, arrête de brailler t'auras même pas un bleu. N'empêche que je crois qu'ils m'ont bien aimé. Pas autant que d'autres évidemment. Chez qui il coule une rivière de compassion maternelle entre les veines. Mais j'me dis que petit à petit, avec les enfants des autres, j'arriverai ben à avoir moins peur. Pis que quand ça sera rendu les miens, ben ça sera les plus beaux, pis les plus parfaits. Évidemment !

Pis il y aussi un la peur de l'amertume. L'amerturme des actes posés trop loin ou pas assez loin. Ou l'amertume des actes pas posés pantoute. Jusqu'à ce qu'on se rendre compte qu'on a eu exactement ce qu'on voulait et qu'il n'y a pas d'arrière-goût qui nous traîne au fond d'la gorge. Comme désiré... Évidemment !

Des millions de peur qui traînassent dans ma vie comme ça. Mais qui, en même temps, j'me rends compte lentement, me poussent toujours plus loin et ne m'arrêtent pas... Il reste cependant toujours la peur de dire. Celle-là, comme un boulet de canon, elle me suit partout. La peur de dire tout. Ou juste assez.

Je préfère encore l'écrire... Évidemment !

vendredi 2 novembre 2007

Aujourd'hui...

Aujourd'hui
Si j'étais un animal.
J'aimerais
Être
Un écureuil albinos obèse
Dans un champ de canneberges.

Don't ask me why...

J'me suis juste réveillée avec cettre drôle d'image...