lundi 19 novembre 2007

Ce foutu bordel qui est le mien

C'est le bordel. Chez nous. C'est un foutu bordel. J'ai beau faire du ménage. Souvent. Ça finit toujours par être un foutu bordel. J'ai beau passé l'aspirateur. Quand même plus qu'une fois par mois. Reste qu'il y a toujours des boules de poils de chats qui s'excitent dans tous les recoins de l'appart. Et encore, le chat passe le 3/4 de son temps chez la chienne de voisine qui le garde en otage contre quelques ronrons avec tous les autres chats du quartier. J'ai beau débarassé le comptoir. La vaisselle valse allégrement dessus 3/4 de secondes plus tard. J'ai beau torché le plancher. Quand j'me couche le soir, mes pieds sont pareils à ceux d'un jeune africain perdu nu pied dans la savane. Vraiment, j'vous le jure un foutu bordel. Vous avez peur des tsunamis ? Vous avez peur des ouragans ? Vous avez peur des tremblements de terre ? Bah ! C'est rien ça ! Comparé à la tornade Shrougoulou. J'vous jure, je suis une catastrophe à moi toute seule. Et j'ai beau me forcer. Rien à faire. Ça finit toujours par finir d'être un foutu bordel.

Pis là, ce soir, c'est le grand dilemme. Parce que dans ce foutu bordel que je fais semblant de ne pas voir, j'suis quand tombée, en cherchant quelque chose d'autre, évidemment... j'suis quand même tombée sur un vieux plat à lunch. Tsé là. Les vieux plats à lunch avec encore un p'tit fond de quelque chose, devenu non-identifiable. Tsé là. Le vieux plat à lunch avec la moississure qui fait le party en tout sens tout côté. Tsé là. Le vieux plat à lunch qui bouge tout seul en dessous du lit. Ouais, ce fameux plat à lunch-là. Et là, mon sérieux dilemme est le suivant. J'essaye d'avoir des valeurs. Pis entre autre de respecter la nature et l'environnement. Je recycle tout ce qui est recyclable. Et j'essaye de porter mes chandails jusqu'à ce que les trous soient aussi gros que mon derrière un soir d'hiver dans une sute de ski après les fêtes. Enfin, ce genre d'idéaux-là. Mais là, j'suis en crise. Est-ce que j'ai vraiment le coeur, le courage, la volonté d'ouvrir ce plat à lunch, tsé là, ce plat à lunch ? De l'ouvrir avec l'odeur nauséabonde de putrifaction qui vous monte au nez. De l'ouvrir et de le nettoyer jour après jour pendant trois semaines pour essayer de décaper la moississure incrustrée. De l'ouvrir, de le nettoyer et de le désinfecter avec des cures intenses de vinaigre pour éliminer toutes vies en progression. Tout ça pour ne pas être une gaspilleuse-pollueuse-sans-âme-ni-conscience ? Mais en même temps, j'me dis si je l'ouvre, on peut aussi considérer que la quantité de CO 2 et autres gaz nocifs qu'il contient pourrait être vraiment, vraiment dangeureux pour la couche d'ozone et peut-être même entrainer la mort par asphyxie de : mon voisin homosexuel et son p'tit chien laitte barbu, mes propriétaires portugais, ma coloc célébrité en devenir, la gentille petite dame de la buanderie, Nicolas qui vend des fruits pas chers, et moi-la-tornade-Shrougoulou-si-embêtante-mais-à-la-fois-si-charmante... Voilà ce qui ce soir me tracasse. Puisqu'aucune solution ne semble vraiment la bonne... Et encore une fois, ce soir, mes idéaux se retrouvent à l'eau. Et que si je n'étais pas un monstre. Ce ne serait pas chez nous un foutu bordel. Qui me pousse à prolonger mes soirées chez les copines le plus longtemps possible. Juste pour pas avoir à tout torcher. Pour mieux bordelliser après. Juste pour laisser traîner une journée de plus ce fameux plat à lunch sur le comptoir. Parce que pas le coeur de le jeter...

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