dimanche 4 novembre 2007

Le thème des derniers jours...

Y a comme un thème récurrent qui revient dans ma vie ces derniers temps. Et non, j'parle pas ici d'écureuil ou de boulettes de ragoût (que j'ai toujours pas fini par finir de manger). Non. J'parle de la peur. Mon père dirait :«Des niaiseries de filles...». Mais moi, l'autre fois, en marchant sur la track de chemin de fer dans un noir encore plus noir que l'cul d'un ours un soir pas de lune comme dirait Desjardins, habillée pas mal pitoune à traverser un terrain vague qui pourrait être rempli de voleurs aux cheveux hirsutes, de violeurs à la dégaine rapide, de lapins géants cannibales terminant un jeûne de trois mois. Moi, à ce moment-là, j'ai réalisé que j'avais pas peur. Parce que ça m'avait pas été transmis. Peut-être. Mais dans un lieu où tout pourrait porter à avoir peur, moi, j'me sentais aussi épanouie qu'une abeille dans un champ de trèfle.

Et j'commence à penser (ouais, ça m'arrive, malgré les apparences) que la peur attire un peu le malheur. Plus j'ai eu peur de la maladie quand j'étais malade, plus j'avais de la misère à survivre. Plus j'ai eu peur de traverser un pont, plus j'ai paniqué une fois dessus. Plus j'ai eu peur de prendre l'avion, plus le voyage a été long.

Tout ça pour conclure que j'ai probablement des milliers de gènes de chicken. Ou de mauviette. Ou des deux. Mon père dirait:«C'est parce que t'es une fille». Peut-être. Mais bon, mettons qu'on prend en fin de semaine. En fin de semaine, ça été le 649 des peurs.

Peur parce qu'il fallait que je monte sur le toit d'une cabane en construction pour poser la membrane. Avec moi et mes gros pieds sur des trucs en bois pas très larges et très étroits. À tenir un peu moitié-moitié dans le vide et dans le putain d'inconfort de surtout pas vouloir déraper et de prier un tantinet pour que mon lacet droit qui se détache tout le temps reste ben attaché. Il y a eu cette peur-là. Et puis la gloire de la réussite d'y arriver et d'être fière mais de quand même dire au gars: «Ouains, ben tsé, en tout cas, la prochaine fois... peut-être que j'vais passer mon tour, tsé genre...»

Puis il y a eu la peur de pas arriver à garder 3 gamins pendant une journée. La peur de pas avoir l'instinct maternel dans le sang. Pis non, je l'ai pas le fucking instinct maternel dans le sang. Pis non c'est pas naturel chez moi de agouzi-agouzo-agouza comme il est miiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiignon. N'empêche que dans les feuilles avec eux j'ai quand même sauté. N'empêche que dans le salon avec eux j'ai quand même dansé. N'empêche que malgré que je leur ai dit : tes bas, tes bottes, ton manteau, on y va, on accélère, plus vite, arrête d'y tirer les cheveux, arrête de brailler t'auras même pas un bleu. N'empêche que je crois qu'ils m'ont bien aimé. Pas autant que d'autres évidemment. Chez qui il coule une rivière de compassion maternelle entre les veines. Mais j'me dis que petit à petit, avec les enfants des autres, j'arriverai ben à avoir moins peur. Pis que quand ça sera rendu les miens, ben ça sera les plus beaux, pis les plus parfaits. Évidemment !

Pis il y aussi un la peur de l'amertume. L'amerturme des actes posés trop loin ou pas assez loin. Ou l'amertume des actes pas posés pantoute. Jusqu'à ce qu'on se rendre compte qu'on a eu exactement ce qu'on voulait et qu'il n'y a pas d'arrière-goût qui nous traîne au fond d'la gorge. Comme désiré... Évidemment !

Des millions de peur qui traînassent dans ma vie comme ça. Mais qui, en même temps, j'me rends compte lentement, me poussent toujours plus loin et ne m'arrêtent pas... Il reste cependant toujours la peur de dire. Celle-là, comme un boulet de canon, elle me suit partout. La peur de dire tout. Ou juste assez.

Je préfère encore l'écrire... Évidemment !

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