mercredi 30 janvier 2008
J'pense que j'pense trop
Je me demande pourquoi souvent-des fois-tout le temps, j'suis pas capable de m'arrêter de penser. Vraiment. J'suis quoi comme sorte de machine. Pour pas avoir un bouton off en arrière des oreilles. Ou une plogue à déploguer. Je finis toujours-tout le temps par penser. C'est fatigant à la fin. Quand ça va bien. J'pense. J'pense que ça pourrait être pire. J'pense que ça pourrait aller mieux. J'pense que ça va bien pis que j'aimerais donc ça que ça dure. Quand ça va mal. J'pense. J'pense que ça pourrait aller plus mal. J'pense que ça déjà été mieux. J'pense aux p'tits africains qui meurent de faim pour me convaincre que finalement ça va pas si mal... J'finis toujours par avoir mille et une chose qui me traversent l'esprit. Par anticiper les millions de chose qui peuvent, qui pourraient, qui pourront arriver. Mais qui n'arriveront sûrement pas. J'pense aux possibilités infinies des actions à poser et à chacune de leurs conséquences. J'imagine les événements avant de les vivre vraiment. Et quand je les vis, je les vis pas avec autant de satisfaction parce que dans le fond c'est comme si je les vivais pour la deuxième fois. Vous voyez comment c'est complexe. Je pense à penser. Ou je pense à arrêter de penser. Tout ça dans la même fraction de seconde. É-P-U-I-S-A-N-T. Il me manque définitivement la capacité à vivre le moment présent. Sans penser à demain. Comment est-ce qu'on y arrive à ça ? Attendez, j'y pense pendant la nuit et je reviens là-dessus bientôt...
mardi 22 janvier 2008
Non mais vraiment !
Non mais vraiment. Qu'est-ce qui arrive aux gens ces temps-ci ? Parce ça fait la deuxième fois en deux semaines que je me fais appeller Monsieur. Allo ! Je porte du 36B, j'ai des cils long comme le fleuve St-Laurent et je m'enduis de parfum lys-rose-et-autres-senteur-de-filles tous les matins. Faque c'est quoi le problème ? Bon la première fois, j'peux comprendre, mon sac bloquait la vue du chauffeur d'autobus qui m'a gentiment dit sans vraiment quitter la route des yeux «Pourriez-vous vous tasser, Monsieur?». J'peux comprendre que j'avais un fucking gros manteau d'hiver sur le dos à travers lequel il était difficile de voir les charmes de ma plantureuse poitrine. En plus de porter une tuque poilue style sovétique qui camoufle les traits si féminins de mon visage. Bon. À la limite, j'peux comprendre. Mais quand même depuis ce temps-là, j'ai remisé la tuque au placard pour la remplacer par une autre plus subtile et délicate qui laisse dépasser les couettes rebelles de ma jolie chevelure. Sauf que aujourd'hui, même avec maa nouvelle tuque, le putain de vendeur de fruits et légumes m'a quand même dit:«Bonjour Monsieur!» Jusqu'à ce qu'il constate la flagrante erreur qu'il venait de commettre. Et donc à partir de ce moment-là, j'ai eu droit à des mademoiselles à la fin de toutes ces phrases. «Je m'excuse, mademoiselle» «Voulez-vous un sac mademoiselle?» «Est-ce que cette pomme est à vous mademoiselle?» «Ça fera 16,75$, mademoiselle». Le problème c'est que le mal était déjà fait. Un peu comme quand ta coloc mange ta dernière banane. Pis que t'arrives dans la cuisine avec une envie irrésistible de banane. Pis que là, il y a plus de banane. Elle aura beau s'excuser 10, 100, 1000 fois, la banane est plus là. Pis toi t'es triste. Ben c'est exactement ça que ça m'a fait ce soir. Ça m'a rendu triste. J'ai même versé deux micros larmes sur le coin du trottoir en rentrant chez nous. Parce que c'est ma féminité entière qu'on remet en doute dans ces moments-là, pis ça me trouble. Oui, j'suis faite grande et costaude et j'ai pas un air de pétale de rose. Mais merde, j'pensais quand même que je dégageais un p'tit quelque chose de féminin (surtout depuis que en plus je dépense des fortunes à me faire électrolyser les poils surperflus du visage....). Il faudrait peut-être plus rouge à lèvres et de fard à joues. Plus de vernis sur les ongles. Plus de manteau pas épais (et ô comment pas chaud) mais moulant sur le corps. Je sais pas trop ce qu'il faudrait. Des talons hauts. Ou un rire très aigu. Ou... ou il faudrait que l'été revienne. Pour que mon corps reprenne forme. Que j'enfile mes minis-jupes. Et un t-shirt made sur mesure pour moi : «Le prochain qui m'appelle Monsieur... je lui pète la geule!»
jeudi 17 janvier 2008
Wow ! Vous le pensiez pas, hein ?
Wow ! Vous le pensiez pas, hein ? Vous l'pensiez pas que j'allais retontir comme ça, sans crier garde et recommencer à écrire sur mon blog. Moi non plus, j'le pensais pas. Mais voilà, tel Rocky sur le ring, je suis de retour. De toute façon, je l'avais dit au départ. Persévérance ne fait pas partie de ma famille. Ni proche ni éloignée. Mais des fois, il s'agit juste d'un léger coup de pied au cul. Comme aujourd'hui. Aujourd'hui, j'ai reçu le courriel de quelqu'un que j'connais (mais en même pas temps pas tant que ça non plus) pis qui m'a littéralement dit (entre autre ça et d'autres choses): what the fuck ? t'écris plus sur ton blogue ! j'te lisais moi ! Voilà ! C'est ça que j'avais pas compris. J'avais pas compris que même s'il y a yien qu'une ou deux personnes qui te lisent, tu peux pas juste les laisser tomber comme ça. Comme des vieilles chaussettes puantes trouées et brûlées. Non, non, non. Parce que ces une ou deux personnes qui te lisent, elles ont des attentes pis elle s'attendent de temps à autre à te lire. Parce que c'est rassurant. Peut-être même plaisant. Je l'avais pas réalisé ça encore. Pis j'avais pas réalisé non plus que l'écriture fait partie de ma vie pis que j'ai pas le droit d'abandonner comme ça. Surtout pas si je veux devenir la plus grande meilleure écrivaine de livre jeunesse au monde. Mais j'avoue que ces temps-ci, c'est comme plus difficile. Je me fais des accroire de grands artistes dépressifs avec des trous noirs incessants au-dessus de ma tête. Le problème c'est que j'ai rien d'une grande artiste dépréssive. Et puis d'abord je bois pas d'absinthe. Je fume pas d'opium. Et je fais pas de tentative de suicide après chaque roman que je finis d'écrire. Trois éléments primordials pour être une grande artiste dépressive et surtout être prise au sérieux. Faque la conclusion, c'est que j'suis juste une grosse paresseuse. Mais bon une grosse paresseuse avec des bonnes excuses. Puisqu'elle a depuis peu quelqu'un avec qui partager son lit. Ce qui fait que la routine de l'ordi sur les genoux à écrire un blog avant de se coucher vient prendre légèrement le bord quelques soirs par semaine. Eh oui ! Le sacrifice qu'une artiste doit faire pour un peu d'amour, de caresses et de chaleur... Faque il va falloir que j'apprenne à trouver l'équilibre. Encore. Comme dans n'importe quoi tous les jours de la vie. Oui, tu peux manger la palette de chocolat à condition que t'ailles au dépanneur en courant. Oui, t'as chambre peu être un foutu bordel à condition que t'invites personne pour les trois prochains jours. Oui, tu peux dormir les fesses à l'air, à condition de mettre plus de chauffage. Toujours trouver l'équilibre. Oui, je peux travailler trente heures semaines, avoir des cours d'aéroboxe, prendre le temps d'embrasser mon homme, aller au cinéma, aller prendre un verre, écrire des voeux de bonnes années à tous les gens que je connais, faire des shooting photos bénévoles, prendre le temps de voir les copines, assister au shower de femmes enceintes, m'assurer que mon grand-père prend du mieux à l'hôpital, chercher les mots que je ne connais pas dans le dictionnaire, essayer de me faire des lunchs nutritifs, lire La vie devant soi, acheter des billets d'avion pour l'europe, préparer des ateliers d'animations littéraires, magasiner des cours de chants...et prendre le temps d'écrire. Oui. Je le peux. Mais il y aura toujours certains moments où l'on met en doute toutes ces choses que l'on peut faire... Et dernièrement, je l'avoue. J'ai mis en doute ma capacité de tenir un blog. Parce qu'il faut souvent-parfois faire des choix. Et que tout faire, c'est possible. Oui. Mais pas tout le temps.
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