mardi 22 janvier 2008

Non mais vraiment !

Non mais vraiment. Qu'est-ce qui arrive aux gens ces temps-ci ? Parce ça fait la deuxième fois en deux semaines que je me fais appeller Monsieur. Allo ! Je porte du 36B, j'ai des cils long comme le fleuve St-Laurent et je m'enduis de parfum lys-rose-et-autres-senteur-de-filles tous les matins. Faque c'est quoi le problème ? Bon la première fois, j'peux comprendre, mon sac bloquait la vue du chauffeur d'autobus qui m'a gentiment dit sans vraiment quitter la route des yeux «Pourriez-vous vous tasser, Monsieur?». J'peux comprendre que j'avais un fucking gros manteau d'hiver sur le dos à travers lequel il était difficile de voir les charmes de ma plantureuse poitrine. En plus de porter une tuque poilue style sovétique qui camoufle les traits si féminins de mon visage. Bon. À la limite, j'peux comprendre. Mais quand même depuis ce temps-là, j'ai remisé la tuque au placard pour la remplacer par une autre plus subtile et délicate qui laisse dépasser les couettes rebelles de ma jolie chevelure. Sauf que aujourd'hui, même avec maa nouvelle tuque, le putain de vendeur de fruits et légumes m'a quand même dit:«Bonjour Monsieur!» Jusqu'à ce qu'il constate la flagrante erreur qu'il venait de commettre. Et donc à partir de ce moment-là, j'ai eu droit à des mademoiselles à la fin de toutes ces phrases. «Je m'excuse, mademoiselle» «Voulez-vous un sac mademoiselle?» «Est-ce que cette pomme est à vous mademoiselle?» «Ça fera 16,75$, mademoiselle». Le problème c'est que le mal était déjà fait. Un peu comme quand ta coloc mange ta dernière banane. Pis que t'arrives dans la cuisine avec une envie irrésistible de banane. Pis que là, il y a plus de banane. Elle aura beau s'excuser 10, 100, 1000 fois, la banane est plus là. Pis toi t'es triste. Ben c'est exactement ça que ça m'a fait ce soir. Ça m'a rendu triste. J'ai même versé deux micros larmes sur le coin du trottoir en rentrant chez nous. Parce que c'est ma féminité entière qu'on remet en doute dans ces moments-là, pis ça me trouble. Oui, j'suis faite grande et costaude et j'ai pas un air de pétale de rose. Mais merde, j'pensais quand même que je dégageais un p'tit quelque chose de féminin (surtout depuis que en plus je dépense des fortunes à me faire électrolyser les poils surperflus du visage....). Il faudrait peut-être plus rouge à lèvres et de fard à joues. Plus de vernis sur les ongles. Plus de manteau pas épais (et ô comment pas chaud) mais moulant sur le corps. Je sais pas trop ce qu'il faudrait. Des talons hauts. Ou un rire très aigu. Ou... ou il faudrait que l'été revienne. Pour que mon corps reprenne forme. Que j'enfile mes minis-jupes. Et un t-shirt made sur mesure pour moi : «Le prochain qui m'appelle Monsieur... je lui pète la geule!»

1 commentaire:

gabriel lalonde a dit…

Chère Monsieur Sarah Lalonde...sortez du placard and join the troupeau...Anonyme Lalonde