dimanche 13 juillet 2008

Cette peur du ça-peut-recommencer

J'ai la vague impression de repasser par où j'ai déjà été ces temps-ci. De repasser par ces moments tout sauf agréable de la maladie. Celle qui à chaque fois me tue à petits feux. Me force à accepter que je suis un être faible et sans défense et qui me sera impossible à vie de pouvoir faire un safari dans la jungle africaine à bouffer des fesses de p'tits singes morts, parce que trop fragile. Et ces derniers temps, c'est encore ce sentiment-là qui prime. Ce sentiment que je déteste. Et tout à coup, sans même m'en apercevoir, je m'enfonce dans un univers que seul je connais. Et je m'ermite de plus en plus. Parce que pas envie d'être trop un fardeau pour les gens autour de moi. Parce que pas envie de leur faire voir ce moi que je n'aime pas. Et que je n'ai pas non plus envie d'aimer. J'aimerais mieux être forte, et belle, et en santé, et folle, et joyeuse, et tout ce tralala, tous les jours de ma vie. J'ai pas le goût de me vider le corps et de chier tout ce que j'ai en dedans jusqu'à plus finir. Jusqu'à peser 80 livres comme l'avant-dernière fois-il-y-a-longtemps. J'ai plus envie de vivre ces temps-là. Où la confiance tombe à moins 30 sous zéro. Où le corps est tellement fatigué que c'est votre papou qui doit vous traîner sur ses épaules pour monter les 14 marches de l'escalier. Où les jambes, grosses comme les racines d'un pommier ancestrales, parce que trop enflées n'arrivent plus à vous amener aux toilettes à temps et où vous défequer, comme un animal à terre dans le corridor, en pleurant de rage et de honte. Oh non ! Pas envie de revivre des moments comme ceux-là. Même si oui, je m'en suis sortie et je dois en être fière. Pas du tout envie de les faire revivre à quiconque m'aime, m'apprécie ou vit avec moi. Parce qu'ils sont déjà si horribles à raconter. Mais combien mille fois pires à vivre. Croyez-moi. Et ces temps-ci, j'ai le corps sous haute tension. Le corps qui m'envoie tous ces signaux du passé. Qui me nargue en me disant: gnagnagna... ça peut recommencer. Tannée de vivre avec cette peur du ça-peut-recommencer. Le stress du boulot et des changements de toutes sortes qui me rentrent à trois cent mille million à l'heure. Pu capable de dormir comme du monde. Pu capable de manger comme du monde. Pu capable d'avoir des réactions pondérées. Pu capable. Juste le goût soudain de me poser et de me reposer. De m'étendre dans un doux hamac à la campagne et d'y rester un mois sans bouger. D'enfin dire. Je suis la plus importante. Et d'exister plus fort que n'importe qui ou n'importe quoi. Et de faire fuck au reste du monde. Prendre soin de moi jusqu'à la dernière petite minute de mon existence. Pour justement enlever à tout jamais cette peur du ça-va-recommencer. Du moins, pas de la même manière. Et pas avec la même leçon à la toute fin...

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