Dimanche soir, de retour d’un weed-end à la campagne fabuleux entre les bouteilles de vins bues entre amis, les expéditions de ski de fond qui font travailler fort-fort mon orgueil, les chasses aux cocinelles de chalet, les moments de douces détentes dans un spa, les succulentes bouffes collectives à vingt personnes autour d’une table qui ne peut qu’en contenir 10 et les moments à se poser des questions (encore!) sur mon moi-je-me. Donc ce dimanche en revenant de la campagne, j’ai appelé ma mamou pour prendre des nouvelles.
Ton grand-père. Cancer généralisé. En gros, voilà ce dont nous avons parlé. Je me doutais bien qu’un jour ça arriverait. Que ça se pouvait quand même pas que mes grands-parents soient éternels. Même si c’est beau d’y croire.
Oui, mon grand-père va mourir. Comme tous les grands-pères finissent par mourir. Et oui, je suis triste. Parce que j’ai pas envie de la mort. De la perte. De ça. Parce que cette mort-là me rapproche un peu plus de la mort de mes parents. Et de la mienne. Probablement. Ça sera le premier. Le premier être proche que je perdrai. À part les dizaines de chats écrasés (ou partis en voyage… ) devant chez nous, qui m’ont tout de même forgé le caractère. Mais pas au point d’être complètement endurcie. Oui, mon grand-père va mourir. Et j’espère que ça sera doux. Paisible. Et avec honneur. J’espère qu’au moment même de partir, il arrivera à se souvenir de ces sceaux de caramels mous cachés dans le garde-robe de la chambre où il me traînait en cachette. J’espère qu’il se souviendra de ces cartes postales avec des p’tits dessins qu’il m’envoyait des Etats-Unis, moi la Sarah qui ne savait pas lire et qui prenait plaisir à décoder ces minis-hiéroglyphes. J’espère que tout à coup, il aura ce flash de moi assise à côté de lui en train de manger mes Honeycomb au petit déjeuner. J’espère qu’il se souviendra un peu de sa vie. Du plaisir d’avoir été là. Et du plaisir de laisser derrière des souvenirs dans la tête d’une femme de 27 ans qui se prend encore-souvent pour une gamine. Surtout quand vient le temps de manger des caramels mous.
Étrangement, il y a deux semaines, je montrais une photo de mon grand-père à quelqu’un. Qui m’a dit qu’il ressemblait à un vieux cubain mon grand-père. Oui, il est fort mon grand-papa. Oui, il est costaud mon grand-papa. Oui, il est beau mon grand-papa. Non, ce n’est pas un cubain mon grand-papa… mais oui, il a le talent d’être beaucoup de choses. Et j’espère que de tout ça, il en a laissé quelques traces en moi…
mardi 12 février 2008
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