Je commence à comprendre les origines de l'alcoolisme. La source profonde et exacte de tout bon alcoolique part d'une quelconque solitude nonchalante où on se dit tient j'ai personne avec qui jaser, j'ai déjà torché le comptoir de ma cuisine trois fois en moins de vingt minutes, j'ai pas le goût de me forcer à écouter des conneries plates à la télé, mais alors qu'est-ce que je pourrais faire ? Ben oui... Prendre un bon p'tit verre sur ma simili terrasse arrière en regardant la boule rose-rouge-orange se coucher à l'horizon. C'est comme ça qu'aujourd'hui, j'ai constaté que je commençais lentement à sombrer dans les abysses du verre rédempteur qui soulage le célibat récent. Mais ne vous en faites pas puisque moi-même je ne m'en fais pas... J'ai, intégré quelque part en moi, un baromètre de contrôle infailible qui fait que alcoolique et/ou fumeuse et/ou dépendante aux drogues et/ou dépendantes au sexe et/ou chocolafolle, je ne serai jamais complètement. Et heureusement d'ailleurs...
Alors aujourd'hui pour décompresser de ma journée mais surtout pour me remettre de mes émotions je me suis pris un bon grand verre de cidre... Puisque la chaîne de ce vélo que j'aime tant avait lâché et était resté VRAIMENT jamer pour la deuxième fois en moins de 24 heures et que donc j'avais dû revenir du boulot en marchant une bonne partie du trajet. Sacré vélo de mes deux. C'est une relation amour-haine/haine-amour entre lui et moi. Hier soir quand il m'avait joué la même comédie, je me suis dit qu'il avait dû être tout emoustillé de la victoire des Canadiens et que c'était un symptôme passager. Et donc arrivée à l'appart hier, avec l'aide de ma coloc sympa et de son chum ben fin, on s'est mis dans un ouvrage de décarcération de bike. Pis une fois les mains devenues aussi noires que mon trou de cul la nuit sous les couvertures, ben une fois ça, on a finalement réussi à le remettre en état. Jusqu'à aujourd'hui 17h45 où il m'a encore joué un vilain tour. Il n'en fallait pas plus pour que j'appelle le réparateur de vélo.
Aaaaaahhhhh ! Le réparateur de vélo. Ouiiiiiiii ! Le réparateur de vélo. C'est ça que ça me prend. Un réparateur de vélo. Tout le temps. Dans la vie de tous les jours. Un garçon qui s'occupe de mon vélo. Qui me dit: «Hum, t'as un problème, j'vais te le régler. Continue de vaquer à tes occupations pendant que j'te lubrifie cette belle chaîne-là.» Un réparateur de vélo. Qui me dit : «J'sais pas il est où ton problème mais m'a te trouver la solution, baby.» Aaaahhhh ! Un réparateur de vélo. Qui me dit: «Laisse poupée, j'vais le descendre pour toé, ton beau bike.» Et qui d'une seule main prends mon vélo comme s'il avait le poids d'un dix sous et le descend en même temps qu'un autre vélo, tout ça avec la facilité la plus décapante. Aaaaahhhh ! Un réparateur de vélo. Le fantasme. Le rêve. Un réparateur de vélo. Qui pourrait un peu m'prendre pis twister mes écrous pis me secouer de l'intérieur pis réajuster mon p'tit coeur. Bon... Faque oui... Mon réparateur de vélo, il est bien cute, pis ben fin, pis ben grand, pis ben beau, pis ben bon, pis ben d'agrément. Pis grâce à ses talents caché en moins d'un claquement de doigts il avait ce que tout bon réparateur de vélo fait, c'est à dire réparer mon vélo. C'est vous dire à quel point il est merveilleux. Pis quand j'suis revenue sur mon vélo ce soir, qui roulait à toute vitesse et comme un charme, j'me trouvais ben drôle. Parce que j'me voyais la semaine prochaine en train de désespérement vouloir me trouver un prétexte pour revoir le réparateur de vélo... Et être en train de péter des bouteilles en verre sur mon pneu arrière pour provoquer une crevaison du tonnerre, crisser à multiples reprises mon dérailleur dans le blender, couper par inadvertance avec une scie mécanique mes freins... Bref, me trouver des excuses. Mais je pense aussi que mon réparateur de vélo peut seulement rester mon réparateur de vélo. Celui qui répond à toutes mes demandes (enfin presque)... Sans trop me demander en retour... Et puis je peux l'ajouter à la longue liste de gens qui me font du bien : mon p'tit vendeur au vidéo, le marchand de chou-fleur, le viet du coin d'la rue, le boucher plein de bonnes idées. Oui, ces gens-là. Qui sont beaux. Qui sourient. Qui nous conseillent. Et qui nous font vraiment du bien. Sans que ce soit trop compliqué.
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1 commentaire:
You write very well.
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